Niger : le directeur de L’Enquêteur Soumana Idrissa Maïga interpellé par la sécurité
Le patron du journal L’Enquêteur a été mis aux arrêts par les agents de sécurité à Niamey. Sans explication officielle, la profession des médias reste en alerte.
Niamey, 29 juin 2026 – Une vive inquiétude agite le monde des médias nigériens. Soumana Idrissa Maïga, directeur de publication du quotidien L’Enquêteur et personnalité reconnue du secteur, a été arrêté à Niamey par les forces de l’ordre.
Confirmée par de multiples sources fiables, la nouvelle a vite circulé dans la ville, relançant les discussions sur la pratique du journalisme dans la région.
Procédure entourée de mystère
Pour l’instant, on ignore toujours les circonstances précises et les motifs de cette interpellation. Ni la police ni la justice n’ont fourni d’explication officielle. La famille du journaliste et l’équipe de L’Enquêteur espèrent obtenir rapidement des éclaircissements sur les charges retenues.
Les organisations de protection des journalistes et les médias régionaux adoptent une attitude réservée. En attendant les déclarations officielles des autorités judiciaires ou de la défense, il convient de ne se baser que sur les faits confirmés.
Un premier épisode en avril 2024
Ce nouveau placement en détention survient deux ans après une première procédure contre le journaliste. En avril 2024, la police judiciaire l’avait interpellé suite à un article sur l’installation supposée de dispositifs d’écoute par des agents russes dans des édifices publics au Niger.
Après quatre jours en garde à vue, il avait été écroué à la prison de Niamey pour « atteinte à la défense nationale », une accusation pouvant entraîner dix ans de prison. À ce moment, l’organisation Reporters sans frontières avait critiqué cette détention qu’elle jugeait arbitraire et avait réclamé l’arrêt des poursuites. Finalement, quelques semaines après, le journaliste avait obtenu une liberté conditionnelle.
Liberté de la presse en déclin
Dans un cadre plus vaste, la situation de la liberté de la presse au Niger s’est beaucoup détériorée après le putsch du 26 juillet 2023. Le classement mondial publié par Reporters sans frontières en avril 2026 place le Niger au 120e rang, ce qui représente la plus forte chute de l’année, avec une perte de 37 positions.
Selon l’ONG, les dirigeants de la transition réduisent peu à peu l’espace médiatique en invoquant la sécurité nationale, faisant du Sahel une zone parmi les plus hostiles au journalisme indépendant.
Nous continuerons à surveiller les développements de cette affaire et actualiserons ce billet dès que des données officielles confirmées seront communiquées.