Décarbonation agroalimentaire : Rabat structure sa feuille de route 2040

Décarbonation agroalimentaire : Rabat structure sa feuille de route 2040

Le Forum national sur la décarbonation des industries alimentaires, tenu lundi à Rabat sous l’égide de la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI), pose les jalons d’une transition bas carbone pour un secteur clé de l’économie marocaine.

Organisé en partenariat avec les ministères de l’Industrie et du Commerce, et de la Transition énergétique et du Développement durable, cet événement a rassemblé les acteurs publics, privés, financiers et techniques impliqués dans la transformation durable des industries alimentaires au Maroc.

Cette rencontre s’inscrit dans la dynamique lancée par la FENAGRI pour accompagner le secteur vers une économie sobre en carbone, face à la hausse des coûts énergétiques, la rareté des ressources hydriques, les nouvelles exigences des marchés internationaux et l’intégration des critères climatiques dans les chaînes de valeur.

Les industries alimentaires représentent un pilier stratégique : près de 191 milliards de dirhams de chiffre d’affaires annuel, 2 600 entreprises, 206 000 emplois directs, 44 milliards de dirhams d’exportations et une couverture de 77 % des besoins nationaux en aliments transformés. Leur consommation énergétique atteint 380 000 tonnes équivalent pétrole par an, soit environ 20 % de l’usage énergétique industriel du pays.

Avec l’appui du ministère de l’Industrie, la FENAGRI a lancé une étude nationale pour élaborer une feuille de route de décarbonation à l’horizon 2040. L’objectif : identifier les sources d’émissions, évaluer les leviers de réduction, définir des trajectoires de transition et proposer des conditions opérationnelles de mise en œuvre.

Les débats ont fait émerger un consensus : la décarbonation ne doit pas être vue comme une simple contrainte, mais comme un levier de compétitivité, de modernisation industrielle, de performance énergétique et d’accès aux marchés. « C’est un chantier d’aujourd’hui, qui concerne directement la compétitivité de nos entreprises et leur résilience », a souligné Abdelmounim El Eulj, président de la FENAGRI.

Les participants ont insisté sur la nécessité d’une mobilisation coordonnée entre pouvoirs publics, industriels, institutions financières et experts. La réussite dépendra de mécanismes d’accompagnement adaptés, d’un accès facilité au financement vert, du renforcement de l’expertise technique et d’une approche intégrée entre politiques industrielles, énergétiques, environnementales et hydriques.

Une attention particulière a été accordée aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), qui constituent une part essentielle du tissu productif. Leur accompagnement est jugé déterminant pour une transition inclusive et opérationnelle. Les échanges ont mis en avant le besoin de solutions accessibles, de diagnostics sur mesure, de projets bancables et de dispositifs de financement adaptés aux réalités des filières.

À l’issue du forum, la FENAGRI a réaffirmé son engagement à long terme : mise en place d’un cadre de suivi de la feuille de route, ateliers par sous-filière, dialogue renforcé avec les partenaires et accompagnement des entreprises membres dans leurs propres trajectoires de décarbonation.

ouagadirect