ONU alerte Burkina Faso sur les restrictions des libertés civiques
L’ONU met en garde le Burkina Faso contre l’érosion des libertés fondamentales
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a tiré la sonnette d’alarme sur la situation des droits humains au Burkina Faso. Dans un communiqué, Volker Türk, Haut-Commissaire, a vivement critiqué les récentes mesures restrictives adoptées par les autorités locales.
Le chef des droits de l’homme de l’ONU a dénoncé le projet gouvernemental d’interdiction totale des partis politiques, qualifié de « contre-productif pour les droits humains ». Il a exhorté le gouvernement burkinabè à revenir sur cette décision et à rétablir un climat propice à la liberté d’expression, d’association et à la participation politique.
Des restrictions qui fragilisent la société civile et l’humanitaire
Depuis septembre 2022, les activités des partis politiques sont suspendues au Burkina Faso. Cette mesure s’inscrit dans un ensemble de décisions restrictives prises par les autorités ces dernières années. En 2025, plusieurs organisations nationales et internationales ont vu leurs activités suspendues, souvent sans justification claire ou sous des prétextes flous comme la collecte illégale de données ou des atteintes à l’ordre public.
Parmi les mesures les plus récentes, on note :
- Une loi restrictive sur la liberté d’association promulguée en juillet 2025 ;
- Un décret imposant aux ONG et associations d’ouvrir leurs comptes bancaires exclusivement auprès d’une banque d’État depuis novembre 2025 ;
- La suspension arbitraire d’activités de plusieurs entités, sans accompagnement ni mesures d’atténuation.
Ces restrictions entravent lourdement le travail des acteurs humanitaires et limitent l’accès aux populations vulnérables. Le HCDH souligne que ces mesures violent le droit international des droits humains et privent les citoyens burkinabè de leurs libertés fondamentales.
Des allégations graves de violations des droits humains
Le HCDH a rappelé que malgré quelques libérations de personnes détenues arbitrairement en 2025, de nouvelles allégations de disparitions forcées et d’arrestations arbitraires continuent d’émerger. Les victimes incluent des journalistes, des membres du pouvoir judiciaire, des dirigeants politiques et des acteurs de la société civile.
Dans ce contexte, le Haut-Commissaire Volker Türk a salué les engagements pris par le gouvernement dans une feuille de route signée en décembre 2025. Parmi ces engagements figurent :
- La lutte contre l’impunité ;
- Le respect des droits humains dans les opérations de sécurité ;
- L’assistance aux victimes ;
- Le renforcement des mécanismes nationaux de protection des droits humains.
Cependant, il a insisté sur la nécessité de traduire ces promesses en actions concrètes et urgentes :
« Les autorités doivent abroger les lois restrictives, faciliter l’accès de l’aide humanitaire à toutes les populations et libérer sans condition les personnes détenues arbitrairement. La reddition des comptes pour les violations des droits humains est impérative. »
Un espace civique essentiel pour la paix et la stabilité
Volker Türk a conclu en affirmant que la restauration d’un espace civique et démocratique, permettant la pluralité des voix et le respect de l’État de droit, est indispensable pour garantir une paix durable, la sécurité et la cohésion sociale au Burkina Faso.