Mali : les citoyens exigent une couverture santé universelle malgré les défis persistants
Le Mali a accompli des avancées notables ces dernières années en matière de santé publique, avec une réduction significative de la mortalité infantile, des décès chez les moins de 5 ans, de la mortalité maternelle ainsi qu’une hausse de l’espérance de vie (OMS, 2025 ; UNICEF, 2025). En 2018, le pays a lancé un plan ambitieux pour instaurer une couverture maladie universelle (Mathauer et al., 2019). Malgré ces efforts, l’accès à des soins de qualité reste un véritable casse-tête pour une grande partie de la population.
La situation est aggravée par un manque criant de personnel médical qualifié, un financement insuffisant et des années d’instabilité politique. Ces défis pèsent particulièrement sur les régions éloignées, où l’offre de soins est quasi inexistante. À titre d’exemple, plus de la moitié des médecins du pays exercent dans la seule ville de Bamako (Sangare et al., 2021).
Le Mali affiche un score de 41/100 à l’Indice de couverture des services de santé universelle de l’OMS (2024), un résultat inférieur à la moyenne africaine (44) et encore plus éloigné de la moyenne mondiale (68).
Une priorité nationale selon les citoyens
Les résultats de l’enquête Afrobarometer Round 10, centrée sur les soins de santé, révèlent que la santé figure au sommet des préoccupations des Maliens. Seulement 14 % des adultes bénéficient d’une couverture médicale, et une majorité craint de ne pas pouvoir accéder ou payer des soins médicaux en cas de besoin. Les citoyens sont unanimes : le gouvernement doit garantir un accès universel à des soins de qualité, même si cela implique une hausse des impôts.
Parmi ceux ayant fréquenté un hôpital ou une clinique publique dans l’année écoulée, les retours sont contrastés. Si une majorité déclare avoir obtenu les soins nécessaires, nombreux sont ceux ayant subi des délais d’attente trop longs, des médicaments ou matériels manquants, ou des coûts inabordables. Près de la moitié des Maliens rapportent qu’un proche n’a pas pu bénéficier des soins requis au cours des 12 derniers mois.
Un bilan contrasté malgré une confiance en l’action publique
Malgré ces obstacles persistants, deux tiers des Maliens estiment que le gouvernement progresse dans l’amélioration des soins de santé de base et font confiance au Ministère de la Santé.