Les mines d’or de Miski au Tchad : qui contrôle vraiment la paix dans le Tibesti ?

Les mines d’or de Miski au Tchad : qui contrôle vraiment la paix dans le Tibesti ?
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Un affrontement meurtrier relance la crise dans le Tibesti

Pourquoi les combats de Miski, qui ont coûté la vie à deux officiers et blessé neuf autres membres des forces de sécurité, menacent-ils l’équilibre déjà fragile du Tibesti ? Dans cette région du nord du Tchad, les tensions autour des gisements d’or ne cessent de s’aggraver, mettant en péril les accords de paix signés ces derniers mois.

Des tirs aux origines encore mystérieuses

Les combats, survenus le 14 octobre dans la zone minière d’Awa, restent entourés de zones d’ombre. L’armée tchadienne attribue l’attaque au Comité d’autodéfense local, exigeant son désarmement immédiat sous peine de sanctions. Pourtant, sans enquête indépendante, ces accusations reflètent avant tout la position officielle des autorités militaires.

Une escalade prévisible dans un contexte tendu

Dès la veille des affrontements, des tensions s’étaient déjà manifestées. Le Comité d’autodéfense avait dénoncé des tirs à l’arme lourde de la Brigade minière, qualifiant ces actes de provocations inacceptables en pleine trêve. Les prélèvements illégaux et la présence contestée des militaires sur le terrain ont également alimenté la colère des locaux.

Un accord de paix menacé par les rivalités économiques

Le processus de pacification du Tibesti, déjà fragile, est aujourd’hui remis en question. D’un côté, le Comité d’autodéfense invoque l’accord du 20 avril 2025 et les engagements pris lors de la visite du vice-Premier ministre le 3 octobre 2026. De l’autre, l’état-major militaire accuse les groupes locaux de violer ces mêmes accords. Au cœur du conflit : le contrôle des mines d’or et les tensions entre populations locales et forces de sécurité.

Quelles conséquences pour les civils ?

Si aucun bilan indépendant ne fait état de victimes civiles ou de déplacements de population à ce stade, l’inquiétude grandit parmi les habitants de Miski et des environs. La stabilité de la région dépend désormais de la capacité des deux parties à privilégier le dialogue et à respecter leurs engagements pour éviter une nouvelle escalade.

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Souleymane Traoré

Journaliste