La dengue, maladie virale transmise par les moustiques Aedes albopictus (plus communément appelés moustiques tigres), s’est propagée de manière exponentielle au Burkina Faso. Ces insectes vecteurs trouvent dans les conditions climatiques locales un terrain propice à leur prolifération : une combinaison de températures élevées et d’épisodes pluvieux intenses favorise leur reproduction.

Les autorités sanitaires burkinabè tirent la sonnette d’alarme : « Entre le 9 et le 15 octobre 2023 uniquement, on a enregistré 10 117 cas suspects, dont 4 377 cas probables et 48 décès », a indiqué le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou. Une situation qui illustre l’urgence de la crise sanitaire en cours.

Outre la dengue, une autre maladie transmise par ces mêmes moustiques, le chikungunya, circule également dans le pays. Depuis septembre 2023, plus de 200 cas ont été recensés, aggravant ainsi la pression sur le système de santé national.

Les symptômes à surveiller et les risques associés

La dengue se manifeste par des symptômes souvent confondus avec ceux d’une grippe banale : fièvre élevée, maux de tête intenses, nausées, vomissements, douleurs musculaires et articulaires. Dans les cas les plus graves, la maladie peut évoluer vers des formes hémorragiques, mettant en danger la vie des patients. C’est pourquoi une vigilance accrue est recommandée, notamment pour les populations vulnérables.

Un historique des épidémies de dengue au Burkina Faso

Bien que des cas de dengue soient signalés au Burkina Faso depuis les années 1960, la première épidémie officiellement reconnue date de 2017. À l’époque, elle avait causé le décès de 13 personnes. La situation actuelle est donc sans précédent, reflétant à la fois l’ampleur de la propagation du virus et la vulnérabilité des populations face à cette maladie tropicale.

Les mesures de lutte mises en œuvre par les autorités

Face à cette crise sanitaire, le gouvernement burkinabè a déployé un plan d’action ambitieux pour endiguer l’épidémie. Parmi les mesures phares :

  • Gratuité des tests de dépistage rapide : Les tests de diagnostic sont désormais accessibles gratuitement dans les structures publiques de santé, afin d’améliorer la détection précoce des cas.
  • Campagnes de pulvérisation : Des opérations de pulvérisation de produits anti-moustiques ont été lancées dans les zones les plus touchées, notamment à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.
  • Sensibilisation des populations : Des campagnes d’information sont menées pour informer les citoyens sur les moyens de se protéger contre les piqûres de moustiques et les gestes à adopter en cas de symptômes.

Ces actions s’inscrivent dans une stratégie globale visant à « répondre de façon efficace à cette situation sanitaire », selon les termes du ministre de la Santé. Cependant, la lutte contre cette épidémie reste un défi majeur, compte tenu de la rapidité de la propagation du virus et des contraintes logistiques inhérentes aux campagnes de prévention.

Dengue en Afrique : un enjeu de santé publique

La dengue est une maladie qui touche principalement les zones tropicales et subtropicales, où les conditions climatiques favorisent la prolifération des moustiques. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle provoque entre 100 et 400 millions d’infections chaque année dans le monde. En Afrique, où les systèmes de santé sont souvent fragiles, les épidémies de dengue peuvent avoir des conséquences dévastatrices, comme en témoigne la situation actuelle au Burkina Faso.

Cette épidémie rappelle également l’importance de renforcer les systèmes de surveillance épidémiologique et de coordination entre les pays africains pour faire face aux maladies vectorielles, qui ne connaissent pas de frontières.