Crise au Mali : blocus jihadiste paralyse transport et approvisionnements à Bamako
Dix compagnies de transport routier ont interrompu leurs liaisons vers et depuis Bamako, sous la pression d’un blocus imposé par des groupes jihadistes qui multiplient les attaques et incendient véhicules et convois. Cette situation aggrave la crise sécuritaire et humanitaire dans la capitale malienne.
Des attaques coordonnées fragilisent la junte au pouvoir
Le Mali traverse une période critique depuis les attaques massives menées les 25 et 26 avril par des groupes armés. Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ciblé des positions stratégiques tenues par la junte militaire au pouvoir. Ces offensives illustrent l’intensification des violences dans un pays déjà fragilisé.
Un blocus asphyxie Bamako, dépendante des importations
Depuis le 30 avril, les jihadistes imposent un blocus routier autour de Bamako, coupant plusieurs axes vitaux. Cette capitale enclavée, qui dépend à 80% des importations par voie terrestre, voit ses approvisionnements en carburant, nourriture et médicaments se raréfier dangereusement. Les autorités maliennes tentent de contourner la crise en ouvrant un corridor depuis la Côte d’Ivoire, mais les livraisons restent insuffisantes.
Transport routier en arrêt : sécurité et pertes économiques
« Nous avons suspendu nos activités pour éviter de mettre nos passagers en danger et limiter nos pertes », confie un responsable de compagnie sous anonymat. Six bus ont été incendiés samedi sur la route de Ségou (centre du pays). Bien que plus d’une dizaine d’entreprises aient officiellement annoncé leur arrêt, certaines cessent discrètement leurs rotations par crainte de représailles des autorités.
Sur les six principaux axes routiers menant à Bamako, seuls quelques minibus empruntent encore des itinéraires détournés, mais l’essentiel du trafic de passagers et de marchandises est paralysé.
Pénuries généralisées : carburant, électricité et eau en tension
Les conséquences du blocus se font sentir au quotidien à Bamako :
- Carburant : des files d’attente interminables se forment devant les rares stations encore approvisionnées. Le gasoil, indispensable aux générateurs, devient quasi introuvable.
- Électricité : des coupures prolongées de 72 heures ont été signalées. La société Énergie du Mali (EDM) évoque des actes de sabotage sur son réseau, attribués aux terroristes.
- Eau potable : la distribution est perturbée dans plusieurs communes en raison des délestages électriques qui affectent les pompes.
Ces difficultés s’ajoutent aux incendies répétés de convois de marchandises et de bus par les groupes armés, aggravant la précarité économique de la population.
Une crise humanitaire qui s’aggrave
Le blocus jihadiste et l’insécurité croissante transforment Bamako en une ville asphyxiée. Les Bamakois subissent des privations inédites, tandis que les autorités peinent à rétablir des conditions de vie normales. La dépendance aux importations et la vulnérabilité des infrastructures exposent la capitale à un risque de crise prolongée.