Au Mali, les déplacés Dogons regagnent leurs villages sous conditions du Jnim

Au Mali, les déplacés Dogons regagnent leurs villages sous conditions du Jnim
L'accord passé avec les terroristes du Jnim impose des règles strictes aux habitants<span class="copyright">Nicolas Remene/Le Pictorium/MAXPPP/dpa/picture alliance</span> » decoding= »async » data-nimg= »fill » class= »object-cover object-center » style= »position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;color:transparent » src= »https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/RfbpLTZFKmTbM22.USysZQ–/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEyNDI7aD02OTk7Y2Y9d2VicA–/https://media.zenfs.com/fr/deutsche_welle_fr_953/8eb93059fffa267382e5b1c2a1b53bc1″><button aria-label=

Au Mali, des milliers de personnes ayant fui leur foyer reviennent dans leurs localités d’origine, situées dans le cercle de Bankass, au centre du pays. Ce mouvement de retour a été facilité par la signature d’accords locaux entre les communautés villageoises et le Jnim (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans), une formation affiliée à Al-Qaïda.

En échange de cette possibilité de retrouver leurs habitations et leurs terres agricoles, les villageois doivent se soumettre à des règles imposées par les groupes djihadistes. Parmi ces conditions figurent le port obligatoire du voile pour les femmes et l’interdiction de l’enseignement occidental dans les établissements scolaires.

Fermeture des écoles et port du voile : des obligations strictes

Les nouvelles exigences portent sur les tenues vestimentaires et les pratiques religieuses. Les hommes doivent désormais porter des pantalons courts, les écoles publiques sont fermées — ce qui interdit de fait l’éducation occidentale — et les femmes sont tenues de porter le voile.

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un enseignant originaire du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Il a regagné son village après sept ans d’absence, contraint par le conflit.

Il est rentré sans son épouse ni ses enfants. Il s’exprime sur la question de l’école publique et des règles vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été saccagée par les terroristes lors de notre départ en 2019. Tout a été détruit. Même si on nous demandait de reconstruire l’école immédiatement, nous refuserions. Nous avons repris nos activités après que le maire de Bankass nous a donné des garanties. Nous ne portons pas encore de pantalons courts. Nous ne sommes pas revenus non plus avec nos femmes, pour voir si le port du voile est exigé. »

Les champs recommencent à être cultivés

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, confirme que la signature des accords entre les communautés villageoises et les groupes armés a permis un retour massif des déplacés.

« Grâce aux accords signés, les habitants regagnent toutes les localités qui étaient désertées. Parmi les 13 villages concernés, deux font partie de Kani Bozon, un relève de la commune rurale de Dimbal, et les autres sont situés dans la commune de Bankass. Les pluies sont arrivées et de nombreux revenants ont déjà commencé à travailler leurs champs en toute sécurité. La satisfaction est générale. »

Les accords locaux précisent que les autorités traditionnelles et les notables doivent se conformer aux règles fixées par les groupes armés terroristes, qui imposent l’application de la charia comme base de leur coopération avec les villageois.

ouagadirect