Limogé de ses fonctions à la tête du gouvernement, Ousmane Sonko a tenu à rappeler l’importance d’un échange constructif entre les forces politiques. Bassirou Diomaye Faye, président du pays, a formé un nouveau gouvernement qui suscite de vives critiques de la part de l’opposition et même de certains alliés. Face à cette situation, Sonko a souligné que ses partisans resteraient mobilisés pour accompagner cette transition, tout en exigeant un dialogue franc et transparent.
C’est dans ce contexte qu’il a évoqué les divergences profondes apparues entre lui et le chef de l’État. Bassirou Diomaye Faye a justifié sa décision en évoquant des désaccords persistants, notamment sur la gestion de la dette publique et les orientations économiques du pays. Ces tensions ont abouti à la nomination d’un exécutif dont Sonko conteste la légitimité politique, faute de soutien parlementaire suffisant.
« Un gouvernement ne se forme pas à la légère », a-t-il lancé lors d’une prise de parole publique. Il a pointé du doigt l’absence de base politique solide pour ce nouveau cabinet, estimant que Bassirou Diomaye Faye doit redescendre de son « piédestal » pour engager des discussions constructives. À ses yeux, la cohabitation actuelle, marquée par une Assemblée nationale largement dominée par son parti, le Pastef, impose une responsabilité collective pour préserver l’intérêt général.
Le Pastef dispose en effet d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale avec 130 sièges sur 165. Pourtant, Sonko a tenu à préciser que ses partisans ne chercheront pas à faire tomber le gouvernement par une motion de censure. « Nous sommes prêts à accompagner ce gouvernement, mais en 72 heures, il pourrait être renversé si nous le voulions. Cependant, notre priorité reste la stabilité du pays », a-t-il déclaré.
Il a également mis en garde contre les risques d’une crise politique prolongée, rappelant que le Sénégal a déjà payé un lourd tribut entre 2021 et 2024, avec des manifestations réprimées dans le sang et des pertes humaines parmi la jeunesse. Pour éviter un retour à ces heures sombres, il a appelé à un « dialogue politique intelligent et constructif ». « La paix se construit à deux », a-t-il insisté, tout en appelant la jeunesse à rester calme face aux provocations présumées envers ses partisans.
Alors que le pays traverse une période délicate, les propos de Sonko reflètent une volonté de trouver des solutions pacifiques pour préserver la cohésion nationale. Son message est clair : le dialogue doit primer sur les divisions pour éviter que le Sénégal ne replonge dans l’instabilité.
