Dans son éditorial de ce lundi, l’analyste politique camerounais Eric Boniface Tchouakeu s’interroge sur le long séjour du Président de la République à l’étranger, alors que les rumeurs sur son état de santé persistent.
Le Chef de l’État, Paul Biya, a quitté le Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour en Europe, officiellement présenté comme un « court séjour privé ». Cette absence prolongée alimente les spéculations dans l’opinion publique, notamment concernant son état de santé, malgré les assurances des autorités.
Les interrogations portent notamment sur la vacance du pouvoir, un sujet régulièrement évoqué lorsque le Président s’absente du territoire national. Pourtant, la Constitution camerounaise encadre strictement cette notion.
Selon l’article 14 de la loi fondamentale, la vacance du pouvoir ne peut être constatée qu’en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du Président en exercice. Aucune de ces conditions n’est actuellement réunie, même si l’absence prolongée suscite des débats.
Il est important de noter que la Constitution ne définit pas précisément ce qu’il faut entendre par « empêchement définitif », laissant une marge d’interprétation. Par ailleurs, le Président Paul Biya pourrait, en théorie, diriger le Cameroun à distance sans enfreindre la loi.
Cependant, la situation actuelle soulève des questions d’ordre éthique et moral. L’attente prolongée de la formation du nouveau gouvernement, après l’élection présidentielle d’octobre 2025, ainsi que la nomination tardive d’un Vice-Président pourraient expliquer l’intérêt croissant porté à la durée du séjour présidentiel.
Avec plus de 43 ans de pouvoir ininterrompu, le Président Paul Biya n’a jamais signé de décret majeur depuis l’étranger. Cette absence prolongée interroge sur la gouvernance du pays et la gestion des affaires publiques.
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