Conseil constitutionnel Cameroun doit constater vacance du pouvoir
Le Conseil constitutionnel camerounais appelé à constater la vacance du pouvoir
À Yaoundé, la question de l’absence prolongée du président Paul Biya relance un débat politique intense. Depuis son départ pour la Suisse le 7 juin dernier, le chef de l’État de 93 ans n’a toujours pas regagné le territoire national. Après 44 jours d’absence, l’opposant Jean-Michel Nintcheu exige une intervention immédiate de l’institution constitutionnelle.
Sur sa page Facebook, le député, ancien membre du SDF à Douala, a interpellé le Conseil constitutionnel dans un message publié le 17 juillet : « Le Conseil constitutionnel doit constater la vacance au sommet de l’État ». Cette déclaration intervient alors que la durée de l’absence présidentielle dépasse désormais les délais habituellement observés pour un séjour privé.
Réaction du RDPC : le pouvoir n’est pas vacant
Face à ces revendications, le parti au pouvoir, le RDPC, tente de rassurer la population. Christophe Mien Zok, directeur de la propagande de l’organisation, a tenu à rappeler que « le pouvoir n’est pas vacant. Le Lion n’est pas parti ». Depuis Genève, où il poursuit sa convalescence, le président Paul Biya continue d’exercer ses fonctions en signant des actes officiels, comme en témoignent les télégrammes de félicitations adressés à plusieurs chefs d’État étrangers, dont Emmanuel Macron à l’occasion de la fête nationale française le 14 juillet.
Un débat divisé entre camps politiques
La situation actuelle divise profondément la classe politique camerounaise. D’un côté, les partisans du régime soulignent les signes d’une gouvernance toujours active malgré la distance. De l’autre, les opposants y voient une preuve supplémentaire de l’incapacité du pouvoir à assurer une transition transparente en cas de besoin. La question de la vacance du pouvoir, bien que rarement évoquée publiquement, reste un sujet sensible dans un pays où le président est en poste depuis plus de quatre décennies.
Alors que les spéculations sur l’état de santé du président Paul Biya persistent, l’appel de Jean-Michel Nintcheu au Conseil constitutionnel pourrait relancer une procédure constitutionnelle inédite. Une telle démarche, si elle aboutit, aurait des répercussions majeures sur l’équilibre institutionnel du Cameroun.