Dans une intervention remarquée, Aly Ngouille Ndiaye a choisi de recentrer le débat sur les fonds présidentiels, en exigeant d’abord des comptes clairs sur l’utilisation des ressources attribuées à Ousmane Sonko durant son mandat. Il a tenu à souligner que ce dernier est le premier chef de gouvernement du Sénégal à avoir bénéficié d’une telle enveloppe dédiée, une particularité historique qu’il juge nécessaire d’examiner sous l’angle de la rigueur administrative.
L’ex-ministre a rappelé que, parmi les anciens Premiers ministres encore vivants — à l’exception de Boun Abdallah Dionne — aucun n’a jamais disposé d’une enveloppe comparable. Il a également précisé que Sidiki Kaba, qui a succédé à Sonko, n’a pas été en poste suffisamment longtemps pour que cette question se pose dans son cas. Une analyse qui met en lumière le caractère exceptionnel de cette dotation.
Des zones d’ombre sur le montant et la périodicité des fonds
L’ancien membre du gouvernement s’est ensuite attardé sur le montant de 1,7 milliard de FCFA, souvent évoqué sans que sa périodicité ne soit clairement définie. Certains observateurs évoquent un versement trimestriel, d’autres une attribution annuelle. Selon Aly Ngouille Ndiaye, si cette dotation est effectivement trimestrielle, cela porterait le total annuel à près de 8 milliards de FCFA, un chiffre qui soulève des questions sur son utilisation.
Il a également repris à son compte les déclarations antérieures d’Abdourahmane Diouf, selon lesquelles l’enveloppe de 1,7 milliard aurait été entièrement dépensée avant qu’Ousmane Sonko ne demande un complément. Pour lui, l’absence de fonds disponibles lors de la prise de fonction de son successeur confirme que les ressources du premier trimestre avaient été intégralement utilisées — un constat qu’il présente comme une évidence, loin de toute polémique.
Transparence et cohérence : les exigences d’Aly Ngouille Ndiaye
Au-delà des chiffres, Aly Ngouille Ndiaye a plaidé pour une gestion plus transparente des fonds spéciaux, estimant qu’Ousmane Sonko aurait dû inclure sa propre utilisation de ces ressources dans le cadre des commissions d’enquête qu’il a lui-même mises en place. Il a laissé entendre détenir des informations complémentaires sur le sujet, sans pour autant les divulguer publiquement à ce stade, réservant ces éléments pour d’éventuelles investigations futures.
