Formation portuaire au Bénin : le Luxembourg débloque 9,8 milliards FCFA et enclenche un tournant décisif

Formation portuaire au Bénin : le Luxembourg débloque 9,8 milliards FCFA et enclenche un tournant décisif
Écouter l'article3 min

Un accord stratégique signé à New York

Le Bénin s’apprête à franchir une étape décisive dans la formation aux métiers portuaires et logistiques. Le Luxembourg vient de s’engager à hauteur de 15 millions d’euros, soit plus de 9,8 milliards FCFA, pour financer le projet CAP-PORT. Ce protocole a été paraphé à New York, en marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, marquant un tournant dans la coopération bilatérale entre les deux pays.

Cette enveloppe, qui représente environ 16 % du portefeuille actif de la coopération bilatérale estimé à 95 millions d’euros, cible en priorité les jeunes et les femmes âgés de 18 à 35 ans en quête d’emploi, les personnes peu qualifiées ainsi que les travailleurs désireux de mettre à jour leurs compétences. L’objectif affiché est double : renforcer l’offre de formation et faciliter l’insertion dans les activités portuaires et logistiques.

Des compétences clés pour le secteur portuaire

Les enseignements qui seront dispensés couvriront plusieurs domaines stratégiques. Il s’agit notamment de la conduite et de la maintenance des engins de manutention et des véhicules, de la sécurité, de la conformité documentaire ainsi que de l’utilisation des systèmes numériques. Le dispositif prévoit de s’appuyer sur un espace dédié au développement de ces compétences, sans que les détails pratiques ne soient encore divulgués.

Une signature au plus haut niveau

Pour le Bénin, le protocole a été signé par Hugues Oscar Lokossou, ministre de l’Économie et des Finances chargé de la mobilisation des ressources extérieures et de la gestion de la dette. Le Luxembourg était représenté par son vice-Premier ministre, Xavier Bettel. Cette signature intervient dans un contexte où le Bénin cherche à moderniser son secteur portuaire et à renforcer les compétences de sa main-d’œuvre.

Des zones d’ombre persistantes

Si l’engagement financier est acté, plusieurs questions demeurent sans réponse. La publication officielle ne précise ni le nombre de bénéficiaires, ni le lieu du futur espace de formation, ni la date de démarrage, ni la durée des parcours, ni le calendrier des décaissements. Autrement dit, cette signature établit un engagement de financement, mais elle ne démontre pas que l’intégralité des 15 millions d’euros a déjà été versée. Les prochains mois seront donc déterminants pour préciser les contours concrets de ce projet ambitieux.

Suivre cette actualitéAbonnez-vous gratuitement via RSS
ActualitésTous les articles

Souleymane Traoré

Analyste