République démocratique du Congo : la coalition article 64 expose ses conditions pour un dialogue politique
La Coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64) a clos hier sa visite à Bujumbura, au lendemain de son entretien avec le président burundais Évariste Ndayishimiye. Cette rencontre, initiée par le chef d’État burundais en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, a suscité des interrogations au sein de l’opposition congolaise.
Les dirigeants de la C64, parmi lesquels figure Martin Fayulu, ont tenu à clarifier leur position : aucune demande de rencontre n’a émané de leurs rangs. Ils ont souligné que le président burundais avait pris l’initiative de les convier, proposant un cadre de discussion axé sur le dialogue politique et la consolidation de la cohésion nationale. Les leaders de la coalition ont exprimé leur adhésion à ce principe, tout en posant des conditions strictes.
Des exigences inaliénables pour un dialogue crédible
Pour que tout échange soit jugé valable, la Coalition Article 64 exige un engagement public et irréversible à renoncer au projet de modification constitutionnelle. Elle réclame également la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, l’arrêt des poursuites judiciaires à caractère politique et la restauration pleine et entière des libertés fondamentales. Autant de préalables que les ténors de la C64 considèrent comme non négociables.
Dans leur analyse, les causes profondes de la crise qui secoue la République démocratique du Congo n’ont jamais été véritablement traitées lors des précédents processus de paix. Les membres de la coalition estiment que l’absence de prise en compte de la dimension politique du conflit a conduit à une impasse persistante. Leur position repose sur trois piliers : le respect de la Constitution, la primauté de l’État de droit et la souveraineté incontestable du peuple congolais.
Une mobilisation citoyenne pour faire entendre la voix du peuple
Le projet de révision constitutionnelle porté par le régime actuel, dans un contexte marqué par un conflit armé et une occupation partielle du territoire national, est perçu comme une menace majeure par la C64. Les leaders de l’opposition y voient une trahison des engagements pris par le président Félix Tshisekedi lors de son serment constitutionnel.
Face à cette situation, la coalition a annoncé son intention de manifester pacifiquement le 22 juillet prochain en direction du Palais de la Nation. Leur objectif ? Exiger la démission du chef de l’État, jugé responsable de cette dérive institutionnelle. Cette marche s’inscrit dans une volonté de restaurer l’ordre démocratique et de défendre les valeurs constitutionnelles bafouées.