Région de l’est de la RDC : le CICR tire la sonnette d’alarme sur les atteintes au droit humanitaire

Région de l’est de la RDC : le CICR tire la sonnette d’alarme sur les atteintes au droit humanitaire

Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’application du droit international humanitaire reste un défi majeur malgré les engagements répétés des autorités et des partenaires internationaux. Cette situation alarmante touche particulièrement les populations civiles, prises dans l’étau des violences persistantes.

Des déplacés sur un site d'hébergement

Une méconnaissance généralisée des règles protectrices

Les zones de conflit dans l’est de la RDC souffrent d’un manque criant de compréhension et d’application du droit international humanitaire. Les populations civiles, souvent prises pour cibles, subissent des violations répétées de leurs droits fondamentaux. Face à cette situation, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a organisé une conférence à Kinshasa pour sensibiliser et promouvoir le respect de ces règles essentielles.

Julienne Lusenge, figure emblématique de la défense des droits humains en RDC, dénonce l’ampleur des violences sexuelles dans ces zones de guerre : « Les violences sexuelles se comptent par millions. Chaque minute, des femmes, des filles et des enfants, bien sûr, certains hommes aussi, en sont victimes. » Elle insiste sur la nécessité de sanctions internationales contre les auteurs de ces crimes, soulignant que « jamais un cas n’a encore été jugé au niveau international. »

La justice militaire en première ligne contre l’impunité

Pour répondre à ces violations, la justice militaire congolaise affirme mener des procès contre les militaires impliqués dans des exactions. Le général Jean-Paul Tshayikolo, magistrat à la Haute Cour militaire, rappelle que ces procédures visent à la fois à sanctionner et à éduquer : « La justice militaire a toujours agi pour sanctionner, et les statistiques le prouvent. »

Il reconnaît cependant que « jamais on n’atteindra l’impunité zéro, mais chaque procès contribue à renforcer la dissuasion ». Ces actions judiciaires s’inscrivent dans une volonté de protéger les civils et de rétablir l’ordre dans des zones où les groupes armés prolifèrent.

Des défis persistants pour faire respecter le droit humanitaire

Plus de 200 groupes armés s’activent dans l’est de la RDC, notamment dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika. Leur fragmentation et les alliances changeantes rendent complexe l’identification des responsables des violations du droit humanitaire. Cette situation aggrave l’impunité et complique les mécanismes de contrôle et de dialogue.

Le droit international humanitaire exige une séparation claire entre civils et combattants, une distinction rarement respectée sur le terrain. Ces lacunes favorisent les abus et limitent l’efficacité des poursuites judiciaires, maintenant les populations dans une insécurité chronique.

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