Refus d’asile en France pour un journaliste ayant dénoncé Wagner en Centrafrique

Refus d’asile en France pour un journaliste ayant dénoncé Wagner en Centrafrique

Refus d’asile en France pour un journaliste ayant dénoncé Wagner en Centrafrique

Le journaliste Ephrem Yalike-Ngonzo, qui a exposé les agissements du groupe Wagner, se voit reprocher une participation au système qu’il a révélé. Son avocat fustige un « signal extrêmement négatif » pour la lutte contre la propagande russe.

Un drapeau avec le logo du groupe paramilitaire russe Wagner, le 25 août 2023 à Saint-Pétersbourg (Russie). (OLGA MALTSEVA / AFP)

Un journaliste centrafricain, ayant courageusement mis en lumière les mécanismes de la désinformation russe orchestrée par le groupe paramilitaire Wagner, s’est vu refuser l’asile en France. Cette décision est jugée incompréhensible par ses soutiens, d’autant plus que son arrivée sur le sol français en 2024, où il avait cherché protection, avait été facilitée par l’intervention du palais de l’Élysée et du président Emmanuel Macron.

En tant que témoin direct de la propagande russe en République Centrafricaine, Ephrem Yalike-Ngonzo a joué un rôle essentiel dans la dénonciation des opérations de désinformation du Kremlin. Le paradoxe réside dans le fait qu’il lui est aujourd’hui reproché d’avoir pris part à un système qu’il a activement contribué à exposer. Henri Thulliez, l’un des avocats de la plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique, qualifie cette situation d’« ubuesque ».

Me Thulliez précise que le motif du rejet de sa demande d’asile est lié à la participation d’Ephrem Yalike-Ngonzo à l’organisation de manifestations anti-occidentales, notamment dirigées contre la France, dans la capitale Bangui. L’avocat souligne que le journaliste n’a jamais caché ces faits, qui ont précisément renforcé la pertinence de ses révélations médiatiques.

Un appel devant la Cour nationale du droit d’asile

Les révélations d’Ephrem Yalike-Ngonzo ont eu des répercussions concrètes, conduisant notamment à l’imposition de sanctions européennes contre Mikhaïl Prudnikov, un acteur majeur du réseau d’influence de Moscou en Centrafrique. Le témoignage du journaliste est donc perçu comme crucial pour contrer les tentatives de déstabilisation russes. « Refuser de reconnaître son droit à l’asile, c’est envoyer un signal extrêmement négatif à toutes ces personnes à l’étranger, et particulièrement en Afrique, qui cherchent à lutter contre la propagande russe », argumente son avocat.

Un recours a été officiellement déposé le jeudi 9 juillet devant la Cour nationale du droit d’asile. Dans l’attente d’une décision, qui pourrait prendre environ un an, Ephrem Yalike-Ngonzo demeure caché en France avec sa famille. Pendant ce temps, ses proches restés en Centrafrique subissent des interrogatoires réguliers et sont sommés de révéler son lieu de résidence actuel.

ouagadirect