L’économie du Gabon sur une trajectoire de croissance positive d’ici 2027
Le Gabon s’apprête à renouer avec une dynamique économique favorable, selon les récentes analyses d’une institution financière panafricaine. Les prévisions, actualisées en juin 2026, tablent sur une croissance de 3,0 % pour l’année 2026, qui devrait s’intensifier légèrement pour atteindre 3,1 % en 2027, marquant ainsi un retour à une trajectoire positive pour le pays.
Libreville ne se contente plus de ses ressources traditionnelles pour stimuler son développement. Cette reprise économique repose sur la consolidation de plusieurs piliers stratégiques. Le dynamisme est notamment attendu dans les secteurs clés de la construction et des services. L’industrie manufacturière et agroalimentaire est également identifiée comme un moteur essentiel. Par ailleurs, l’agriculture, portée par des filières prometteuses comme l’aviculture et l’huile de palme, contribue significativement à cette relance.
Sur le plan des échanges extérieurs, la balance courante du Gabon devrait enregistrer un excédent de 1,1 % du Produit Intérieur Brut (PIB) en 2026, avant de potentiellement revenir à un déficit de 2,4 % l’année suivante. Cette progression économique est globalement soutenue par une augmentation de la consommation des ménages et une revitalisation des investissements, qu’ils soient d’origine publique ou privée. Un projet de création d’une centrale d’achat est également en cours, visant à maîtriser la spéculation sur les importations et à stabiliser l’inflation. Les projections indiquent une inflation à 3,1 % en 2026, puis à 2,3 % en 2027.
Le poids de l’endettement et des charges publiques
Malgré ces perspectives positives, le tableau n’est pas entièrement idyllique. Des inquiétudes persistent concernant les déséquilibres budgétaires structurels du Gabon. L’augmentation constante des dépenses publiques, qui représentaient 3,2 % du PIB en 2024, a entravé la mise en œuvre de réformes essentielles. Bien que le gouvernement ait modernisé ses outils de gestion (numérisation, facturation électronique, introduction de taxes foncières et vertes), les recettes fiscales peinent à suivre. Cette situation est attribuée en partie aux lacunes de la gouvernance et à l’ampleur du secteur informel. En conséquence, le profil d’endettement du Gabon s’est détérioré, rendant plus difficile l’accès aux marchés financiers et réduisant l’attrait pour les investisseurs privés.
La nécessité d’une coordination face aux défis globaux
Pour inverser cette tendance, l’exécutif gabonais mise sur le dialogue social et l’application de réformes macroéconomiques audacieuses. Cependant, le Gabon doit évoluer dans un contexte international complexe, caractérisé par des tensions commerciales, des conflits régionaux et une diminution des flux financiers mondiaux.
Face à cette fragmentation du monde, l’institution financière souligne l’urgence d’abandonner les approches nationales isolées au profit de stratégies africaines concertées. L’objectif est de mobiliser les capitaux locaux pour financer le développement du continent et assurer un avenir prospère.