Un soldat des FARDC en opération

Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de réitérer une interdiction formelle : l’usage non autorisé des smartphones en zone de combat est désormais strictement prohibé. Cette mesure vise à préserver la sécurité des militaires et l’efficacité des opérations en cours, notamment dans les provinces du Sud-Kivu où les tensions persistent.

Le porte-parole par intérim des FARDC, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, a souligné dans un communiqué publié ce 9 juillet que l’utilisation imprudente d’un téléphone portable allumé peut exposer les troupes au danger. Un appareil activé peut en effet trahir la position des soldats, faciliter leur repérage par l’ennemi et entraîner des attaques ciblées. Les FARDC appellent donc leurs hommes à une extrême vigilance et à respecter scrupuleusement les consignes en vigueur.

Des consignes strictes pour éviter les fuites d’informations

L’armée congolaise exige désormais que les militaires ne partagent plus, sous quelque forme que ce soit, des informations sensibles liées à leurs positions, déplacements, missions ou effectifs. Toute publication sur les réseaux sociaux ou via messagerie est désormais interdite. Les soldats sont également invités à signaler toute utilisation suspecte ou toute tentative de fuite d’informations susceptible de compromettre les opérations.

Les FARDC rappellent avec insistance qu’un seul manquement à ces règles peut mettre en péril l’ensemble d’une unité. La discrétion et la concentration sur les objectifs militaires doivent primer à tout moment, insiste le commandement.

Un contexte sécuritaire toujours tendu

Ce rappel intervient alors que des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des soldats congolais se plaignant de leurs conditions de vie dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga, au Sud-Kivu. Ces images, prises dans une zone sous pression face aux rebelles de l’AFC/M23, ont déjà suscité de vives réactions. L’armée, qui avait déjà dû intervenir à plusieurs reprises pour rappeler ses troupes à l’ordre, précise que ces comportements fragilisent la lutte contre la rébellion.

Cette directive n’est pas une première : lors des affrontements antérieurs près de Goma, des consignes similaires avaient été émises pour éviter que des informations stratégiques ne tombent entre de mauvaises mains.

Josué Mutanava, envoyé spécial à Goma