Mali : le cri d’alerte d’Issouf Ag MAHA face à la dérive du régime

Mali : le cri d’alerte d’Issouf Ag MAHA face à la dérive du régime

Bamako et la région d’Anefif – Sous les discours officiels d’une junte qui se veut unie et souveraine, le Mali s’enfonce chaque jour davantage dans une crise multidimensionnelle. Alors que les autorités de Bamako multiplient les annonces triomphales, la réalité sur le terrain révèle une tout autre vérité : celle d’un État en lambeaux, miné par les échecs militaires, l’autoritarisme croissant et les souffrances des populations.

Une junte obsédée par le pouvoir au mépris des solutions durables

Depuis le coup d’État d’août 2020, les promesses de rétablissement de la sécurité et de l’intégrité territoriale se sont évanouies. Pire, en rompant unilatéralement les Accords d’Alger en janvier 2024, la junte a scellé le retour de la guerre et fermé toute issue politique. L’écrivain nigérien Issouf Ag MAHA, en exil, dénonce sans détour cette « obsession du pouvoir à tout prix », où la survie du régime prime sur les intérêts du pays.

Dans un contexte où les libertés sont étouffées, les médias muselés et les opposants réduits au silence, le pouvoir de Bamako s’isole chaque jour davantage. Les décisions unilatérales, comme l’abandon des accords de paix, ont éloigné toute possibilité de dialogue avec les mouvements armés du Nord. Résultat : le Mali glisse vers une impasse dont les conséquences s’étendent bien au-delà de ses frontières.

Les revers militaires qui sapent l’autorité de Bamako

Les récents combats autour d’Anefif, dans le nord-est du pays, illustrent l’effritement progressif des forces maliennes. Un convoi de renfort parti de Gao a été pris dans une embuscade, subissant des pertes lourdes. Ces revers s’ajoutent à la chute de Tinzawatène et à la reprise de Kidal par le Front de Libération de l’Azawad (FLA), remettant en cause la rhétorique officielle.

Pourtant, le FLA a marqué les esprits en autorisant le retrait de certaines troupes maliennes et russes après ses victoires militaires. Une décision stratégique, souligne Issouf Ag MAHA, pour se démarquer des exactions de l’armée régulière et prouver sa capacité à respecter les règles de la guerre. Une distinction qui accentue l’isolement du régime de Bamako.

L’alliance avec Africa Corps : un choix aux conséquences désastreuses

Le rapprochement avec la Russie, matérialisé par le déploiement d’Africa Corps, a offert une bouffée d’oxygène politique à la junte. Mais sur le terrain, cette alliance se traduit par un calvaire pour les civils du Nord. Issouf Ag MAHA alerte sur une « stratégie de terreur » systématique, où se multiplient arrestations arbitraires, disparitions forcées et exécutions sommaires.

Les populations locales subissent les conséquences d’un conflit qui dépasse désormais le cadre militaire. Les exactions attribuées aux forces gouvernementales et à leurs alliés russes alimentent un climat de peur et de désespoir, tandis que Bamako persiste dans le déni. Une attitude que l’intellectuel nigérien juge « dangereuse pour l’avenir de la cohésion nationale ».

Un silence international complice ?

Alors que le Mali s’approche d’un point de non-retour, la communauté internationale semble de plus en plus indifférente. Issouf Ag MAHA fustige ce « silence assourdissant », où plus personne ne semble prêt à agir avant une escalade militaire totale.

Pour l’analyste, le risque est clair : en privilégiant une logique de victoire militaire au détriment des valeurs républicaines, la junte accélère l’implosion du pays. Plutôt que de reconstruire un Mali uni, elle en fait le théâtre d’une fragmentation irréversible.

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