Mali : l’armée et le pouvoir, unis face aux groupes armés selon Moussa Ag Acharatoumane

Mali : l’armée et le pouvoir, unis face aux groupes armés selon Moussa Ag Acharatoumane

Le Mali, sous le régime de transition mené par Assimi Goïta, affronte une période critique marquée par des attaques conjointes sans précédent des groupes armés. Le 25 avril, les jihadistes du Jnim, affiliés à al-Qaïda, et les rebelles indépendantistes du FLA ont lancé des offensives coordonnées, causant la mort du ministre de la Défense, le général Sadio Camara, et s’emparant de la ville stratégique de Kidal. Depuis, un blocus est imposé à Bamako, mais l’armée malienne, soutenue par ses alliés de l’Africa Corps russe, maintient une résistance farouche.

Une armée soudée et déterminée

Moussa Ag Acharatoumane, porte-parole du Conseil national de transition au Mali

Moussa Ag Acharatoumane, membre du Conseil national de transition et dirigeant du MSA (Mouvement pour le salut de l’Azawad), allié des autorités, livre son analyse sur la situation actuelle. Selon lui, le Mali n’a jamais été aussi uni face à l’adversité : « Les Maliens aiment leur armée, leur pouvoir et leur pays. » Il souligne la résilience des forces de défense malgré les attaques complexes et les complicités internes et externes.

Une alliance terroriste condamnable

Moussa Ag Acharatoumane rejette catégoriquement l’alliance récente entre le Jnim et le FLA. Pour lui, cette collaboration avec al-Qaïda est une erreur historique, rappelant les conséquences désastreuses de 2012 : « Certains de nos frères sont toujours victimes de cette organisation, y compris des familles décimées par al-Qaïda. » Il met en garde contre les risques d’une telle alliance, soulignant que l’État malien ne négociera pas avec des groupes dont le projet est la destruction du pays.

La région de Kidal : un enjeu stratégique

Avec le contrôle de Kidal et Tessalit par le Jnim et le FLA, l’armée malienne et ses partenaires russes de l’Africa Corps conservent une présence à Aguelhoc et Anéfis. Moussa Ag Acharatoumane assure que les forces nationales sont en pleine réorganisation et prêtes à mener des opérations pour reprendre ces territoires : « Ils ne céderont pas un centimètre de notre sol à des organisations terroristes. »

Concernant le général El Hadj Ag Gamou, nommé gouverneur de Kidal en 2023, il confirme son bon état de santé et son moral au plus haut : « Il est gouverneur de la région et sa mission est de veiller à la stabilité locale. »

Ménaka : une situation sous contrôle

Dans la région de Ménaka, l’armée malienne et l’Africa Corps ont repoussé fin avril les offensives de l’État islamique, rival du Jnim. Moussa Ag Acharatoumane décrit une situation calme mais reste vigilant : « La menace est toujours présente, nous sommes en guerre contre une organisation terroriste parmi les plus dangereuses au monde. » L’administration fonctionne à nouveau, et la vie reprend progressivement son cours.

Pas de dialogue avec les groupes armés

Face aux appels au dialogue lancés par certains opposants, Moussa Ag Acharatoumane est catégorique : « Il n’y a rien à négocier avec des groupes dont le projet est la destruction de notre pays. » Il estime que si certains de leurs membres reviennent à de meilleurs sentiments, une réintégration pourrait être envisagée, mais uniquement après un changement radical de leurs positions.

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