Frappes militaires à Kidal : l’armée malienne intensifie ses actions face aux rebelles

Frappes militaires à Kidal : l’armée malienne intensifie ses actions face aux rebelles
Des soldats du Front national de libération de l’Azawad (FLA) dans les rues de Kidal

Dans la nuit de mercredi à jeudi, au moins quatre frappes aériennes ont été lancées contre la ville de Kidal, située dans le nord du Mali. Ces opérations ont causé d’importants dégâts matériels, selon un habitant ayant souhaité garder l’anonymat. Une des frappes a détruit une habitation située près d’un ancien marché local, tandis qu’une autre a laissé un cratère profond dans l’enceinte du gouvernorat de Kidal. Cette dernière avait été reprise fin avril par le Front de libération de l’Azawad (FLA), allié au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), dirigé par Iyad Ag Ghaly.

« Nous agissons avec une précision chirurgicale et suivons une stratégie claire. Les frappes vont se multiplier dans les prochains jours », a affirmé un officier en poste au commandement militaire de Mopti, dans le centre du pays.

Une ville sous tension et désertée

Jeudi matin, Kidal présentait un visage inhabituellement calme. Peu de véhicules circulaient dans les rues, et plusieurs habitants ont confirmé avoir entendu des bruits de moteurs toute la nuit, signe de départs précipités. La tension est palpable dans cette localité, considérée comme un point stratégique du nord malien.

Le Mali traverse une période d’instabilité sécuritaire marquée par des attaques sans précédent menées par les groupes jihadistes du Jnim et les rebelles du FLA contre des positions clés tenues par les autorités maliennes à Bamako.

Le FLA étend son influence dans le nord

Lors de son offensive récente, la rébellion touareg, soutenue par le Jnim, a pris le contrôle de Kidal, la plus grande ville du nord du pays, après des affrontements violents. Le FLA, mouvement indépendantiste majoritairement composé de Touaregs et incluant des communautés arabes, revendique la souveraineté sur l’Azawad, une région s’étendant sur les zones administratives de Kidal, Gao, Ménaka et Tombouctou.

Cette prise de contrôle s’inscrit dans une dynamique plus large visant à conquérir les principales agglomérations du nord malien. Depuis des années, les Touaregs luttent pour faire entendre leurs revendications, notamment celle d’une meilleure représentation politique et d’une fin à leur marginalisation, dont Kidal reste un symbole fort.

ouagadirect