L’Église catholique s’oppose fermement au projet de révision constitutionnelle en RDC

L’Église catholique s’oppose fermement au projet de révision constitutionnelle en RDC

Le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo prend une nouvelle tournure. Jusqu’alors portée par les cercles politiques de l’opposition, la contestation contre une éventuelle modification de la Loi fondamentale de 2006 trouve désormais un écho puissant au sein de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco). Cette institution, dont l’influence sur la population congolaise reste déterminante, a officiellement marqué son désaccord avec les velléités de changement portées par le pouvoir en place.

Pour l’abbé Donatien Nshole, secrétaire général de la Cenco, la démarche visant à réformer la Constitution n’est ni opportune, ni urgente, encore moins nécessaire dans le contexte actuel. Le haut prélat a lancé un appel vibrant aux membres du clergé et aux agents pastoraux pour qu’ils sensibilisent les fidèles. L’objectif affiché est d’éveiller les consciences afin de faire barrage à ce que l’Église qualifie de manipulations politiques. La Cenco n’exclut d’ailleurs pas de proposer des actions de terrain dans un futur proche pour manifester cette opposition.

Demokratische Republik Kongo Katholische Kirche Bischöfe

Les évêques craignent que de telles initiatives ne déstabilisent davantage un pays déjà fragilisé par une insécurité persistante dans sa partie orientale et par des tensions sociales croissantes. Dans les rues de Kinshasa, cette prise de position suscite des réactions contrastées. Si certains citoyens estiment que l’intérêt général prime et soutiennent l’action du chef de l’État, d’autres s’interrogent sur la pertinence d’un tel chantier juridique alors que l’Est du pays est sous état de siège et en proie à la guerre.

Un jeune Kinois souligne par ailleurs que la Constitution doit rester un outil de souveraineté permettant à l’État de s’affirmer sur la scène internationale à travers des traités adaptés. Néanmoins, l’inquiétude d’un glissement vers un maintien prolongé au pouvoir reste au cœur des préoccupations d’une partie de la population.

États-Unis, Washington D.C., 2025 | Félix Tshisekedi lors de la signature de l'accord de paix avec le Rwanda

Le rôle stratégique de la Cenco dans la crise

Bien que dépourvue de pouvoir exécutif, la Cenco dispose d’un levier diplomatique et social considérable. Selon l’analyse du politologue Christian Moleka, la force de l’Église catholique réside dans sa capacité de mobilisation nationale, contrairement à d’autres structures religieuses plus localisées. Sa voix trouve également un écho important auprès de la communauté internationale, ce qui en fait un acteur incontournable du jeu politique congolais.

La tension monte d’un cran alors que l’opposition appelle à une grande manifestation le 8 juillet prochain. Ce rassemblement vise non seulement à rejeter la réforme constitutionnelle, mais aussi à exiger le départ du président Félix Tshisekedi. De son côté, le parti présidentiel, l’UDPS, dénonce une tentative de déstabilisation et accuse ses adversaires de chercher à provoquer un soulèvement populaire au détriment de la paix sociale.

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