Le Cameroun dans la stratégie africaine de Donald Trump

Le Cameroun dans la stratégie africaine de Donald Trump

Le Cameroun au cœur de la nouvelle offensive américaine

Dès son premier mandat, Donald Trump a profondément remodelé la politique étrangère des États-Unis, érigeant la Chine en adversaire prioritaire. Cette vision stratégique place désormais le Cameroun sur le devant de la scène, Washington multipliant les initiatives pour réduire sa dépendance aux terres rares chinoises.

Au centre de cette manœuvre se trouve GreenMet, une société dirigée par Drew Horn, ancien haut responsable de la sécurité nationale sous Trump. Accompagné de proches du président américain, Horn s’est rendu à Yaoundé pour des discussions discrètes qui ont abouti à la signature de protocoles d’accord (MoU) jamais rendus publics. Ces accords ont permis à American Renaissance Minerals (ARM), filiale de GreenMet, de prendre une position dominante sur le projet de nickel et de cobalt de Nkamouna, tout en ouvrant la voie à l’exploitation des terres rares camerounaises.

Les États-Unis entendent ainsi rivaliser avec la Chine, qui a investi plus de 700 milliards de dollars dans 49 pays africains. Mais l’administration Trump impose ses conditions : transparence dans le secteur extractif et réformes juridiques à Yaoundé. Les services de renseignement américains sont même intervenus après les révélations de l’ITIE sur le trafic d’or, poussant le gouvernement camerounais à dénoncer les circuits illicites.

Une diplomatie tous azimuts

Donald Trump n’a pas hésité à contourner les restrictions du Congrès américain qui excluaient le Cameroun de l’AGOA. Il s’appuie désormais sur la Chambre de commerce américaine (AmCham) pour faciliter les accords commerciaux. Parallèlement, le Cameroun fait partie des vingt pays africains sélectionnés sur cinquante pour pouvoir délivrer des visas américains, un signe fort de la confiance de Washington.

Sur le plan sécuritaire, en huit mois, le président Paul Biya a reçu deux hauts gradés de l’AFRICOM : le général Dagvin Anderson en septembre 2025, puis le lieutenant-général John William Brennan Jr. en mai 2026. Ces visines traduisent une coopération militaire renforcée.

L’ambassadeur américain Christopher Lamora a clairement exprimé la volonté de Washington : « J’aimerais voir davantage d’entreprises américaines investir au Cameroun, créer des partenariats et des coentreprises. Cela profite aux deux pays, notamment à l’industrie américaine, priorité du président Trump. »

Certains observateurs comparent cette stratégie à celle qui a transformé les « dragons d’Asie » (Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong, Singapour) en puissances économiques. Le Cameroun, avec le Nigeria et le Kenya, serait ainsi appelé à jouer un rôle clé dans la nouvelle donne africaine impulsée par Donald Trump.

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