Le Bénin et les émirats arabes unis : un partenariat économique historique pour une afrique plus dynamique

Le Bénin et les émirats arabes unis : un partenariat économique historique pour une afrique plus dynamique
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L’Afrique de l’Ouest et le Golfe Persique écrivent une nouvelle page de leur collaboration économique avec la signature d’un Accord de Partenariat Économique Global (CEPA) entre le Bénin et les Émirats arabes unis. Cet accord, négocié lors d’une visite officielle à Abou Dhabi, promet de bouleverser les échanges entre Cotonou et Abou Dhabi tout en offrant une visibilité inédite aux économies africaines et moyen-orientales.

De l’accord commercial à la transformation économique : les enjeux du CEPA

Ce partenariat s’inscrit dans une dynamique où chaque signataire y voit une opportunité de renforcer sa position sur l’échiquier international. Mais comment ce traité inédit peut-il servir de catalyseur pour l’économie africaine tout en consolidant l’influence des Émirats dans la région ?

Élimination des freins douaniers : un coup de pouce pour les échanges bilatéraux

Le CEPA prévoit la réduction progressive des tarifs douaniers sur une multitude de produits, ouvrant ainsi la voie à une circulation plus fluide des marchandises. Parmi les secteurs concernés :

  • Les produits agricoles béninois, désormais mieux positionnés pour conquérir le marché émirati.
  • Les biens industriels et manufacturés en provenance des Émirats, qui bénéficieront d’un accès facilité au Bénin.
  • Les services, dont les prestataires des deux pays verront leurs activités simplifiées grâce à des règles harmonisées.

Une coopération axée sur les secteurs d’avenir

Au-delà des échanges traditionnels, plusieurs domaines stratégiques ont été ciblés pour une collaboration renforcée. Voici les principales priorités identifiées :

  • Énergies renouvelables : un partenariat pour accélérer la transition énergétique des deux nations.
  • Agro-industrie : valorisation des chaînes de production locales et sécurisation des ressources.
  • Numérique et cloud computing : création d’un écosystème favorable à l’innovation technologique.
  • Sécurité alimentaire : renforcement des infrastructures logistiques pour garantir des approvisionnements stables.

Des flux commerciaux en forte croissance : un cadre juridique pour pérenniser la dynamique

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : entre 2021 et 2025, les échanges non pétroliers entre les deux pays ont connu une progression spectaculaire de 65 %, passant de 1,01 milliard à 2,15 milliards de dollars. Au premier semestre 2026, le volume a atteint 1,29 milliard de dollars, soit une augmentation de 37,4 % sur un an. Face à cette accélération, un cadre légal structurant devenait indispensable pour encadrer et sécuriser ces flux.

Bénéfices mutuels : quels impacts pour chaque partie ?

Pour le Bénin : accélération de l’industrialisation et positionnement régional

Ce partenariat représente une aubaine pour le Bénin, qui pourrait en tirer plusieurs avantages concurrentiels :

  • Élargir ses partenariats commerciaux en s’ouvrant à de nouveaux marchés, notamment en Asie et au Moyen-Orient.
  • Attirer des investissements étrangers dans les infrastructures et les secteurs stratégiques.
  • Transformer le pays en un pôle logistique incontournable pour les Émirats en Afrique de l’Ouest, notamment grâce à la modernisation du Port Autonome de Cotonou et de la Zone Économique Spéciale de Glo-Djigbé.

Pour les Émirats arabes unis : sécurisation des approvisionnements et expansion stratégique

Pour Abou Dhabi, cet accord permet de répondre à des défis clés :

  • Sécuriser les chaînes d’approvisionnement agricoles et alimentaires en provenance d’Afrique.
  • Développer des projets d’infrastructure durables en Afrique de l’Ouest.
  • Consolider l’influence économique des Émirats sur le continent africain.

Prochaines étapes : ratification et déploiement des engagements

Bien que le CEPA ait été signé avec succès, son entrée en vigueur dépend désormais de la ratification par les parlements des deux pays. Une fois ce processus achevé, les entreprises pourront profiter pleinement des avantages prévus, notamment les exonérations douanières et les incitations à l’investissement.

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Souleymane Traoré

Journaliste