La rdc dénonce à l’ONU l’exploitation illicite des minerais et exhorte à une réforme mondiale

La rdc dénonce à l’ONU l’exploitation illicite des minerais et exhorte à une réforme mondiale

Les ressources naturelles d’un pays ne constituent une véritable opportunité que lorsqu’elles renforcent sa souveraineté plutôt que de nourrir son instabilité. Cette conviction, portée par la République démocratique du Congo, a résonné avec force à l’Organisation des Nations Unies, où Kinshasa a adopté une position sans équivoque lors de la réunion dédiée aux minerais stratégiques.

Mardi 14 juillet 2026, la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Francophonie, Thérèse Kayikwamba Wagner, a prononcé un discours marquant devant les représentants des États membres. Pour la diplomatie congolaise, il ne s’agit plus seulement de défendre des intérêts économiques, mais de repenser en profondeur la gouvernance mondiale des minerais critiques, essentiels à la transition énergétique.

Transformer les ressources en valeur ajoutée : une priorité pour la RDC

Dans son allocution, la cheffe de la diplomatie congolaise a souligné que la transition énergétique internationale ne saurait être qualifiée de « juste » tant que les pays producteurs, comme la RDC, restent cantonnés au rôle de simples fournisseurs de matières brutes. « La véritable richesse ne réside pas dans l’extraction, mais dans la transformation », a-t-elle martelé, appelant à des investissements massifs dans les infrastructures, l’énergie, la recherche, les technologies et la modernisation de l’exploitation artisanale.

Thérèse Kayikwamba a insisté sur l’urgence de faire de la RDC un pôle africain de transformation industrielle, capable de maîtriser toute la chaîne de valeur des minerais stratégiques, indispensables aux batteries électriques, aux technologies numériques et aux énergies renouvelables. Cette ambition passe, selon elle, par un partenariat international renouvelé, basé sur le transfert de technologies, le renforcement des capacités locales et une répartition équitable des bénéfices issus des chaînes de valeur mondiales.

Le Rwanda mis en cause pour son rôle dans l’exploitation illicite des minerais

Au-delà des enjeux économiques, la ministre a replacé la question des minerais critiques dans le contexte sécuritaire de l’Est de la RDC. S’appuyant sur les rapports du Groupe d’experts des Nations Unies, elle a pointé du doigt le cas de Rubaya, dont les mines fournissent près de 15 % de la demande mondiale de tantale. Selon ces experts, au moins 1 400 tonnes de coltan auraient été frauduleusement introduites au Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23, avec le soutien de Kigali, générant un revenu estimé à 800 000 dollars américains par mois pour le mouvement armé.

Thérèse Kayikwamba a dénoncé l’absence de sanctions contre les Forces de défense rwandaises, malgré ces preuves accablantes. Pour Kinshasa, cette situation révèle les limites du système international actuel dans la lutte contre le financement des conflits par l’exploitation illicite des ressources naturelles.

Vers une gouvernance mondiale des minerais liée à la paix et à la sécurité

Profitant de la présidence congolaise du Conseil de sécurité des Nations Unies, la ministre a annoncé que la RDC plaide pour un cadre international plus cohérent, liant directement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix, à la sécurité et au développement durable. Elle a également souligné la nécessité de responsabiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne d’approvisionnement — producteurs, négociants, transformateurs, institutions financières, industriels et pays consommateurs — pour que la traçabilité des minerais serve réellement à combattre la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes.

Une offensive diplomatique ambitieuse et stratégique

À travers cette intervention, la RDC ne se contente plus de revendiquer la protection de ses ressources. Elle exige une réforme en profondeur de la gouvernance mondiale de la transition énergétique, où les pays producteurs pourraient enfin bénéficier des retombées économiques de leurs richesses naturelles. En plaçant ce débat au cœur des discussions à l’ONU, Kinshasa cherche à accroître la pression internationale sur le Rwanda concernant l’exploitation illicite des minerais dans l’Est du pays, tout en insistant sur l’importance des minerais stratégiques pour la paix, la sécurité internationale et le développement durable.

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