Le procès de Chahana Takiou a été rendu ce lundi par le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Le journaliste a été reconnu coupable d’avoir tenu des propos jugés offensants envers les autorités en place. Arrêté début juin, il était poursuivi pour des déclarations faites lors du Forum panafricain des médias à Bamako.
Parmi ses critiques les plus marquantes, il avait dénoncé l’utilisation de la loi sur la cybercriminalité pour museler les journalistes. Il avait affirmé que « le journalisme est universel », une phrase saluée par une partie de l’assistance. Pourtant, cette position lui a valu une condamnation sévère.
Une décision qui interroge sur l’état de la liberté de la presse au Mali
L’avocat de Chahana Takiou a exprimé sa déception face à une peine plus lourde que prévu. Depuis le coup d’État de 2020, les autorités maliennes, dirigées par le général Assimi Goïta, sont régulièrement pointées du doigt par les organisations de défense des droits humains. Ces dernières dénoncent une restriction croissante de l’espace public à travers des poursuites judiciaires, des arrestations arbitraires et la dissolution de partis politiques. Selon le dernier classement de Reporters sans frontières, le Mali occupe la 121ᵉ position sur 180 pays en matière de liberté de la presse.
Cette condamnation survient dans un contexte particulièrement tendu. Le Mali fait face, depuis plus d’une décennie, à une crise multidimensionnelle : insécurité grandissante liée aux groupes jihadistes, violences communautaires endémiques et instabilité politique chronique.
