Intervention américaine au Mali : une réponse possible à la menace jihadiste

Intervention américaine au Mali : une réponse possible à la menace jihadiste

Intervention américaine au Mali : une réponse possible à la menace jihadiste

Saleh Mwanamilongo

L’administration américaine étudie la possibilité de lancer des frappes militaires ciblées au Mali contre le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda. Bien qu’aucune décision n’ait encore été actée, cette hypothèse suscite déjà des débats parmi les responsables à Washington. Sur le terrain, les réactions des Maliens restent tout aussi contrastées.

Le JNIM est aujourd’hui considéré comme la principale menace jihadiste active au Sahel. Les autorités américaines estiment que son influence s’étend désormais bien au-delà des frontières maliennes, menaçant plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Les avis des Maliens sur une possible intervention

D’après les responsables américains, le partenariat sécuritaire entre Bamako et Moscou n’a pas permis d’endiguer la progression des groupes armés. Toutefois, le Pentagone n’a confirmé aucune discussion en ce sens, et aucune annonce officielle n’a été rendue publique.

Réactions contrastées au Mali face à une éventuelle intervention américaine

« Tout ce qui peut nous apporter la paix, de Kayes jusqu’à Kidal, est le bienvenu. Que ce soit les États-Unis ou un autre partenaire, ils sont les bienvenus », confie un habitant de Bamako.

« Nous avons déjà les forces russes présentes sur notre sol, et maintenant les Américains souhaitent intervenir. Tout cela doit s’inscrire dans une logique diplomatique », explique un autre citoyen, soulignant que « les autorités maliennes savent mieux que quiconque ce qui est bénéfique pour la population ».

Il ajoute que « l’option d’une intervention militaire américaine n’est pas une mauvaise idée ».

Depuis plusieurs années, le Mali fait face à une dégradation alarmante de la situation sécuritaire, malgré le départ des forces françaises et l’arrivée des mercenaires russes. Les attaques du JNIM se sont multipliées, y compris dans la capitale Bamako, tandis que les organisations de défense des droits humains reprochent à l’armée malienne et à ses alliés russes des exactions envers les civils.

Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a abordé le sujet lors d’une rencontre préparatoire au salon de la défense et de la sécurité de Bamako. Il a indiqué que le Mali attendait de préciser la position des États-Unis, tout en réaffirmant la souveraineté du pays.

Un changement géopolitique majeur au Sahel

Pour Abdoulmoumouni Abbas, expert en radicalisation et en extrémisme violent au Sahel et au Lac Tchad, cette éventuelle intervention américaine marquerait un tournant géopolitique dans une région où la Russie a considérablement accru son influence ces dernières années.

« Il faut voir ce retour des États-Unis comme un élargissement de leurs capacités opérationnelles, leur permettant d’avoir une vision globale du Sahel et des opérations contre la criminalité transnationale organisée », précise-t-il.

Cependant, il rappelle que « les résultats obtenus par les frappes américaines au Nigeria interrogent ». Selon lui, « les premières frappes ont manqué leurs cibles dans les États de Sokoto et de Kebbi, au nord du pays ».

Plusieurs sources indiquent que Washington a déjà renforcé sa coopération avec Bamako en matière de renseignement ces derniers mois.

ouagadirect