Insécurité alimentaire au Togo : plus de 330 000 personnes menacées par la famine

Insécurité alimentaire au Togo : plus de 330 000 personnes menacées par la famine

Le Togo traverse une crise humanitaire d’une gravité sans précédent, où plus de 330 000 personnes pourraient basculer dans une insécurité alimentaire sévère. Alertée par les dernières évaluations du Programme alimentaire mondial (PAM), la région la plus exposée reste le Grand Nord, déjà fragilisée par l’instabilité régionale et l’afflux massif de populations en détresse.

Le Grand Nord togolais, épicentre d’une urgence humanitaire

Les Savanes, région frontalière avec le Burkina Faso, incarnent aujourd’hui le cœur de la crise. Sous le double poids de l’insécurité djihadiste et d’une crise migratoire exponentielle, cette zone subit un effondrement des circuits économiques et un accès erratique aux marchés. Près de 50 000 réfugiés burkinabés et plus de 10 000 déplacés internes ont été recensés, mettant à rude épreuve des ressources locales déjà exsangues.

La période de soudure, un piège mortel

L’urgence survient à un moment critique : la période de soudure. Les stocks de la dernière récolte s’épuisent tandis que les nouvelles cultures tardent à pousser, laissant des milliers de foyers sans ressources. Les communautés locales, autrefois solidaires, voient leurs capacités d’accueil s’effriter face à l’afflux massif de populations en détresse. À cela s’ajoutent des conditions climatiques extrêmes : sécheresses prolongées et inondations dévastatrices dégradent les terres arables, condamnant les agriculteurs à une précarité croissante.

L’inflation, un couteau sous la gorge des ménages

Le pouvoir d’achat des Togolais s’effondre sous l’effet d’une inflation galopante. Les prix des denrées alimentaires de base explosent, rendant l’accès à une alimentation équilibrée impossible pour la moitié des familles. Les plus vulnérables, notamment les jeunes enfants, sont les premières victimes de cette malnutrition généralisée.

Face à cette situation alarmante, les acteurs humanitaires tirent la sonnette d’alarme. Un déploiement urgent de moyens logistiques et financiers s’impose pour éviter un drame aux proportions catastrophiques dans les semaines à venir.

ouagadirect