Gouvernement sénégalais marqué par une rupture politique majeure

Gouvernement sénégalais marqué par une rupture politique majeure

Un gouvernement controversé au Sénégal après la rupture entre Faye et Sonko

Malgré l’annonce d’un boycott par le Pastef, certains de ses membres intègrent le nouveau gouvernement formé par le président Bassirou Diomaye Faye. Une décision qui révèle les tensions persistantes au sein de la majorité présidentielle.

Illustration du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye lors d'une allocution

Le président Bassirou Diomaye Faye a dévoilé lundi la composition du nouveau gouvernement sénégalais. Une surprise de taille : certains membres et alliés du Pastef, le parti de son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, y figurent, alors que ce dernier avait clairement annoncé que sa formation ne participerait pas à cette administration.

Cette nomination intervient moins de deux semaines après le limogeage d’Ousmane Sonko par le chef de l’État, lui-même issu du même parti. Depuis, Sonko a été élu président de l’Assemblée nationale, marquant un tournant dans la vie politique du pays.

Une liste gouvernementale en demi-teinte

Le nouveau gouvernement, dirigé par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô, compte 30 ministres. Plusieurs figures majeures du Pastef, présentes dans l’ancien exécutif, en sont absentes. Pourtant, des membres moins médiatisés du parti y ont été nommés, comme Moussa Bala Fofana à l’Urbanisme ou Yankhoba Diémé aux Forces armées.

Parmi les ministres reconduits, on retrouve Cheikh Diba aux Finances, Moustapha Mamba Guirassy à l’Éducation ou encore Cheikh Tidiane Dièye à l’Assainissement. Le Premier ministre a justifié ces choix en évoquant des « concertations d’usage avec toutes les personnes concernées », y compris Ousmane Sonko.

« Le président de la République rappelle qu’un homme d’État doit toujours placer la patrie et la République au-dessus des considérations partisanes », a-t-il déclaré lors de l’annonce de la liste, retransmise en direct sur la chaîne publique.

Ousmane Sonko exclut toute participation du Pastef

Quelques minutes avant la publication de la liste, Ousmane Sonko a publié un communiqué sur ses réseaux sociaux pour officialiser le boycott de son parti. « Un long entretien a eu lieu entre le président de la République et moi, confirmant des convergences, mais aussi des désaccords majeurs, notamment sur la place de la majorité dans l’exécutif », explique-t-il.

« Après avoir présenté de nouvelles propositions aux instances du parti, aucune réponse favorable n’a été obtenue », précise-t-il. « En conséquence, le PASTEF – Les Patriotes ne participera pas au gouvernement et n’y sera représenté par aucun ministre. »

Des divergences profondes au sommet de l’État

Cette rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés indéfectibles, marque un tournant politique. Les deux hommes, vainqueurs de la présidentielle de mars 2024 sous le slogan « Sonko mooy Diomaye » (Sonko c’est Diomaye), ont vu leurs relations se dégrader progressivement.

Les tensions se sont intensifiées en juillet 2025 lorsque Sonko, alors Premier ministre, avait critiqué un « problème d’autorité » au sein du gouvernement. Début mai 2026, le président Faye avait à son tour dénoncé une « personnalisation excessive » de son ex-Premier ministre au sein du parti.

La situation s’est envenimée avec le limogeage d’Ousmane Sonko fin mai, suivi de son élection à la présidence de l’Assemblée nationale. Empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation, Sonko avait pourtant soutenu la candidature de Faye, avant que les divergences n’apparaissent.

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