Fujimori renforce le soutien du Pérou à l’autonomie du Sahara

Fujimori renforce le soutien du Pérou à l’autonomie du Sahara

fujimori renforce le soutien du Pérou à l’autonomie du Sahara

  • Keiko Fujimori, présidente élue du Pérou, confirme son appui total au plan d’autonomie marocain pour le Sahara
  • Cette prise de position marque une rupture nette avec les gouvernements précédents, souvent ambigus sur la question sahraouie
  1. Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara
  2. Rupture avec l’ambiguïté antérieure
  3. Nouveau rapprochement avec le Polisario
  4. Offensive diplomatique du Maroc

Dès les premières semaines de son mandat, Keiko Fujimori, nouvelle présidente du Pérou, a clairement défini les grandes orientations de sa politique étrangère. Parmi elles, la position concernant l’intégrité territoriale du Maroc occupe une place centrale. Cette clarification est venue à la suite d’une rencontre officielle avec l’ambassadeur du Maroc au Pérou, Amine Chaoudri, porteur d’une lettre de félicitations adressée par le roi Mohammed VI à la nouvelle dirigeante péruvienne.

Soutien au plan d’autonomie pour le Sahara

Lors de cet entretien, la présidente Fujimori a confirmé que son gouvernement apportait un soutien inconditionnel à l’intégrité territoriale du Maroc ainsi qu’à son initiative d’autonomie pour la région du Sahara. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU, qui reconnaît le plan marocain comme une base sérieuse pour aboutir à une solution définitive au conflit.

Au cours de cette rencontre, l’ambassadeur marocain a remis à la présidente Fujimori une lettre du roi Mohammed VI, dans laquelle ce dernier exprimait ses plus vives félicitations pour son élection et saluait les excellentes relations unissant le Maroc et le Pérou. Le souverain marocain s’est également engagé à renforcer ce partenariat bilatéral, en le transformant en une collaboration multilatérale au service des deux peuples.

Rupture avec l’ambiguïté antérieure

La prise de position de la présidente Fujimori revêt une importance particulière. Elle est perçue comme un signal fort marquant la fin d’années de politique ambiguë, voire de soutien au Front Polisario, de la part des gouvernements péruviens précédents. Cette ambiguïté remontait au deuxième mandat du président Fernando Belaúnde Terry (1980-1985), qui avait officiellement reconnu la République arabe sahraouie démocratique (RASD) autoproclamée en 1984.

Son successeur, Alan García, avait consolidé cette orientation en établissant des relations diplomatiques avec le Polisario en 1987, relations qui se sont prolongées jusqu’en 1996. Cette année-là, le président Alberto Fujimori, père de l’actuelle présidente, avait mis fin à cette reconnaissance et suspendu les relations avec l’entité séparatiste.

Malgré ce revirement, les gouvernements suivants ont maintenu une posture floue sur la question sahraouie. Valérien Paniagua, Alejandro Toledo, Alan García à nouveau, Ollanta Humala, Pedro Pablo Kuczynski, Martín Vizcarra, Manuel Merino et Francisco Sagasti n’ont pas modifié cette position, malgré les évolutions régionales.

Nouveau rapprochement avec le Polisario

Une exception notable est intervenue sous la présidence éphémère de Pedro Castillo (juillet 2021-décembre 2022), qui a rétabli des relations diplomatiques avec le Front Polisario en septembre 2021. Cette décision, controversée, a été annulée en août 2022 par le ministre des Affaires étrangères de l’époque, Miguel Ángel Rodríguez Mackat, avant d’être rétabli par Castillo lui-même, peu avant son éviction par un coup d’État avorté.

Dina Boluarte, qui lui a succédé, a temporairement suspendu les relations avec le Polisario en septembre 2023, sans pour autant reconnaître le plan d’autonomie marocain ni retirer la reconnaissance de la RASD accordée en 1984 par Belaúnde Terry. Ses successeurs, José Jeri et José María Balcázar, n’ont pas eu le temps de s’emparer de la question. Avec l’arrivée de Fujimori, le Pérou fait désormais marche arrière et adopte une position claire, alignée sur celle de son père en 1996, et va plus loin en soutenant explicitement l’initiative marocaine d’autonomie et la résolution 2797 de l’ONU.

Offensive diplomatique du Maroc

Ce changement de cap au Pérou s’inscrit dans un contexte diplomatique marqué par une offensive soutenue du Maroc en Amérique latine. Longtemps, le Front Polisario bénéficiait de nombreux appuis dans cette région, mais les efforts marocains ont permis de rééquilibrer la situation. Grâce à une coopération renforcée dans les domaines économique, culturel et universitaire, le Maroc a consolidé ses relations avec plusieurs pays d’Amérique latine, affirmant son rôle stratégique de pont entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe.

Cette dynamique a conduit de nombreux États à revoir leur position : la Colombie, le Guatemala, le Paraguay, la République dominicaine, Haïti, la Jamaïque, le Salvador, la Guyane, l’Équateur et le Panama ont soit suspendu leur reconnaissance de la RASD, soit rompu leurs relations diplomatiques avec le Polisario.

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