Frappes aériennes au Mali : des civils tués par les forces russes
Des victimes innocentes dans le centre du Mali
Le 15 juin 2026, une opération militaire menée par l’Africa Corps, sous contrôle russe, a frappé le village de Kyrnia, situé dans la région de Mopti au Mali. Cette attaque a causé la mort de huit civils, dont trois enfants, et blessé plusieurs autres. Aucun combattant n’était présent parmi les victimes, selon les témoignages recueillis.
Une frappe dévastatrice sur un marché et une résidence
Deux bombes ont été larguées ce jour-là. La première a touché l’extérieur de la résidence du chef du village, tuant deux de ses enfants, sa femme et un autre enfant. La seconde a frappé un marché aux bestiaux proche, faisant quatre morts et deux blessés parmi les commerçants. Les images satellites et les vidéos analysées confirment la localisation des impacts.
Des habitants ont décrit une scène de chaos : des animaux déchiquetés, des étals détruits et des débris projetés à plusieurs mètres. Un éleveur de 37 ans a témoigné : « Le marché était en désordre, des étalages étaient emportés sur des dizaines de mètres, et des bœufs gisaient déchiquetés. »
Un village sous contrôle des groupes armés
Kyrnia est sous l’emprise du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), lié à Al-Qaïda, depuis six ans. Selon les témoins, une centaine de combattants, dont un haut commandant, se trouvaient dans le village au moment des frappes. Cependant, ils étaient principalement rassemblés près de la mosquée ou d’un magasin, sans être directement ciblés.
Le magasin, propriété du chef du village, est parfois utilisé pour stocker du matériel, bien que rien n’indique qu’il servait de dépôt d’armes ce jour-là. Un pick-up, similaire à ceux utilisés par le GSIM, était garé devant la résidence du chef, ce qui pourrait expliquer le choix de la cible.
Des preuves accablantes contre Africa Corps
L’organisation Human Rights Watch a mené une enquête approfondie, incluant des entretiens avec 19 personnes, l’analyse d’images satellites et de vidéos. Les investigations confirment que les frappes ont été réalisées par un avion Soukhoï Su-24, attribué à l’Africa Corps. Une vidéo publiée par ce groupe montre d’ailleurs l’opération, géolocalisée à Kyrnia.
Ilaria Allegrozzi, chercheuse senior sur le Sahel, a déclaré : « Un avion d’Africa Corps, contrôlé par le gouvernement russe, a tué des civils dans un village malien au mépris manifeste du droit de la guerre. » Elle a également souligné la responsabilité du gouvernement malien, allié à ces forces.
Un contexte militaire tendu
Depuis 2012, le Mali lutte contre les groupes armés islamistes. Après les coups d’État de 2020 et 2021, la junte au pouvoir a rompu ses alliances avec la France et l’ONU, se tournant vers la Russie. Depuis 2021, le groupe Wagner, rebaptisé Africa Corps en 2023, soutient l’armée malienne dans sa lutte contre le terrorisme.
Le ministère russe de la Défense a reconnu en juin 2026 l’engagement de militaires russes aux côtés des forces maliennes. Des rapports indiquent que des Su-24, capables de transporter des munitions guidées, sont déployés au Mali depuis avril 2025. Aucune preuve publique ne confirme cependant le transfert officiel de ces avions.
Des témoignages poignant de survivants
Les habitants décrivent une attaque brutale et soudaine. Un commerçant de 35 ans a raconté : « C’était un avion de chasse, très rapide… il volait bas… d’ouest en est. J’ai vu une boule de feu et je me suis réfugié sous un arbre. » Un éleveur de chameaux de 48 ans a été projeté au sol par le souffle de l’explosion, couvert de sable et de débris, avec des blessés autour de lui.
Les victimes identifiées incluent trois enfants (âgés de 1 à 10 ans), une femme de 24 ans et quatre hommes (30 à 40 ans). Un homme de 40 ans a retrouvé les corps de trois marchands écrasés sous les décombres du marché.
Une violation flagrante du droit international
Le droit de la guerre interdit les attaques ciblant des civils ou des biens civils, ainsi que les frappes indiscriminées causant des pertes disproportionnées. Les frappes de Kyrnia semblent ne pas avoir visé d’objectifs militaires précis, ce qui les rend illégales.
Le gouvernement malien a l’obligation d’enquêter sur cet incident et de sanctionner les responsables. Ilaria Allegrozzi a conclu : « La junte ne peut se cacher derrière les violations commises par ses alliés. Elle doit enquêter de manière impartiale ou être tenue pour complice. »