Épidémie d’ebola en rdc : plus de 2000 morts et la menace d’une crise historique
Épidémie d’Ebola en RDC : bilan dramatique et lutte contre la propagation

L’épidémie d’Ebola qui s’étend rapidement en République démocratique du Congo (RDC) a désormais causé plus de 2 000 décès, un seuil critique qui rappelle l’une des crises sanitaires les plus dévastatrices du pays entre 2018 et 2020. Les autorités sanitaires congolaises ont enregistré 4 381 cas confirmés, dont 2 011 morts, selon le dernier bilan publié ce mardi.
Le cap des 1 000 décès avait été franchi le 22 juillet dernier, illustrant la rapidité de la propagation de cette flambée épidémique. Le taux de mortalité s’élève à 45,9 %, un chiffre alarmant qui soulève des questions sur l’efficacité des mesures de riposte.
Une situation sanitaire sous haute tension
Le ministre congolais de la Santé, Samuel Roger Kamba, a confirmé dans une déclaration officielle que l’épidémie n’avait pas encore atteint son pic. Il a toutefois exprimé l’espoir d’une baisse des cas d’ici trois mois, grâce aux efforts de vaccination et de sensibilisation en cours.
Les obstacles restent nombreux : l’insécurité générée par des groupes armés dans les provinces touchées entrave gravement l’accès des équipes médicales aux populations affectées. Par ailleurs, la méfiance persistante d’une partie de la population complique davantage la lutte contre la maladie.
Mohamed Yakub Janabi, directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, a révélé lors d’une conférence de presse à Bunia, chef-lieu de l’Ituri, que seulement 30 % des malades sont pris en charge à l’hôpital. Les 70 % restants décèdent à domicile, aggravant les risques de contamination.
Des pistes pour endiguer la crise
Face à l’urgence, les experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ont recommandé d’accélérer les essais cliniques pour tester des vaccins adaptés au variant Bundibugyo, responsable de l’épidémie actuelle. Le vaccin Ervebo, seul homologué contre Ebola, ne couvre pas ce variant, mais ses données de sécurité permettent d’envisager une évaluation en phase 3 directement en RDC.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, a salué sur les réseaux sociaux les avancées dans la mise en place de ces essais. Les premières doses d’Ervebo devraient provenir du stock mondial de vaccins, géré par l’Alliance du vaccin Gavi, qui compte environ 500 000 doses. Certaines de ces doses sont déjà stockées en RDC en prévision des épidémies récurrentes.
Par ailleurs, le Canada a autorisé le géant pharmaceutique Moderna à lancer des essais pour son propre vaccin contre le variant Bundibugyo. Deux autres candidats suscitent également l’espoir : le vaccin rVSV Bundibugyo, développé par Hilleman Laboratories et présenté comme le plus prometteur par l’OMS, ainsi qu’un vaccin de l’Université d’Oxford, dont les premiers tests ont débuté fin juillet.
Un soutien international à renforcer
Les États-Unis ont annoncé un financement supplémentaire de 242 millions de dollars pour soutenir la lutte contre Ebola en RDC. Cette maladie, qui se propage par contact avec les fluides corporels et provoque des fièvres hémorragiques, a déjà fait plus de 15 000 morts en Afrique depuis 50 ans.