Échec d’une tentative de putsch au Bénin : le président Patrice Talon assure le retour au calme
Le gouvernement du Bénin a annoncé dimanche avoir neutralisé une tentative de coup d’État visant à évincer le président Patrice Talon. Le chef de l’État a rapidement pris la parole pour affirmer que la situation était désormais « totalement maîtrisée ».
Ce soulèvement survient alors que le mandat de Patrice Talon touche à sa fin. Bien que le pays affiche une croissance économique solide, il reste confronté à des menaces sécuritaires liées aux groupes djihadistes dans le nord du territoire, dans un contexte régional marqué par une succession de coups de force au Mali, au Burkina Faso et au Niger.
Une matinée de tensions à Cotonou
L’alerte a été donnée dimanche matin lorsque des détonations ont retenti à proximité du palais présidentiel à Cotonou. Des mutins se sont ensuite emparés de la télévision nationale pour proclamer la chute du régime, justifiant leur acte par le déclin de la sécurité et des atteintes aux libertés publiques.
La réponse des autorités ne s’est pas fait attendre. Alassane Seidou, ministre de l’Intérieur, a démenti le succès du putsch quelques heures plus tard. Dans une allocution nocturne, le président Talon a promis que cette tentative ne resterait pas sans conséquences judiciaires, tout en saluant la loyauté de la garde républicaine.
Soutien militaire de la CEDEAO et réactions internationales
Face à cette instabilité, la CEDEAO a réagi fermement en ordonnant l’envoi immédiat de contingents issus du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana. L’objectif est de protéger l’ordre constitutionnel béninois. Parallèlement, l’aviation nigériane a effectué des frappes stratégiques à Cotonou, conformément aux accords régionaux.
De son côté, la France a condamné fermement l’action des putschistes et a invité ses citoyens présents sur place à la prudence. L’Union africaine a également exprimé son rejet catégorique de ce changement de pouvoir par la force.
Arrestations et climat politique tendu
Les forces de sécurité ont procédé à l’interpellation d’une douzaine de militaires. Le sort du lieutenant-colonel Pascal Tigri, soupçonné d’être à la tête de la mutinerie, reste à confirmer. Dans les rues de Cotonou, malgré un calme précaire et la présence de barrages militaires autour du camp Guézo, l’inquiétude demeure chez les habitants.
Le Bénin, qui n’avait pas connu de putsch réussi depuis 1972, traverse une phase politique délicate. À l’approche de la présidentielle de 2026, les tensions sont vives. Si le ministre des Finances, Romuald Wadagni, est pressenti pour succéder à Patrice Talon, l’opposition dénonce un climat d’exclusion et un durcissement du pouvoir, contrastant avec l’image passée de modèle démocratique du pays.