Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : appel à l’action immédiate

Disparition forcée de défenseurs des droits humains au Burkina Faso : appel à l’action immédiate

Disparition forcée au Burkina Faso : deux défenseurs des droits humains enlevés

©Balai citoyen

Le Burkina Faso traverse une crise majeure concernant les libertés fondamentales, marquée par des disparitions forcées de défenseurs des droits humains et de journalistes. Parmi les dernières victimes de cette répression systématique figurent Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, deux figures engagées du mouvement citoyen « Balai citoyen ». Leur enlèvement s’inscrit dans un contexte de plus en plus alarmant pour les acteurs de la société civile.

Une situation alarmante pour les défenseurs des droits humains

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains – un partenariat entre la FIDH et l’OMCT – a alerté sur la disparition troublante de ces deux militants. Amadou Sawadogo, cadre du mouvement dans la région du Centre, a été enlevé le 21 mars 2025 après avoir été convoqué par les services de sûreté de l’État à Ouagadougou. Son interrogatoire aurait porté sur ses prises de position critiques sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, où il dénonçait les agissements des autorités.

Quelques jours plus tard, le 30 mars 2025, Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif du même mouvement, a été kidnappé devant son domicile dans le quartier Karpala, à Ouagadougou. Des individus armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté à son retour d’une conférence au Bénin, où il participait à une formation sur l’activisme citoyen. Depuis, aucune information n’a filtré sur leur localisation ou leur état de santé.

Ces événements surviennent dans un climat où les autorités burkinabè renforcent leur répression contre les voix dissidentes. Plusieurs autres membres du « Balai citoyen » ont déjà été victimes de mesures arbitraires : Me Guy Hervé Kam a été détenu illégalement à plusieurs reprises, tandis que Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo ont été enrôlés de force dans l’armée malgré une décision de justice les protégeant.

Une répression ciblée contre les journalistes et la société civile

La crise ne se limite pas aux défenseurs des droits humains. Depuis plusieurs mois, des journalistes sont également pris pour cible : Guezouma Sanogo, Boukary Ouoba et Luc Pagbeguem ont disparu après leur enlèvement le 24 mars 2025. D’autres professionnels des médias, comme Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama, restent introuvables depuis leurs rapts en 2024.

Ces disparitions s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à museler toute critique. Les autorités ont adopté des décrets permettant la réquisition forcée de citoyens, souvent utilisée pour réprimer les opposants et les militants. Le Comité des Nations Unies contre les disparitions forcées a déjà exprimé ses préoccupations quant à ces pratiques au Burkina Faso.

Appel à l’action internationale

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains exhorte la communauté internationale à réagir face à cette situation critique. Voici les mesures urgentes attendues des autorités burkinabè :

  • Garantir l’intégrité physique d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé, ainsi que celle de tous les défenseurs des droits humains au Burkina Faso ;
  • Révéler leur localisation et permettre un accès sans entrave à leurs familles ;
  • Mettre fin aux disparitions forcées et aux enrôlements abusifs visant à étouffer la société civile ;
  • Cesser toute forme de harcèlement judiciaire ou autre contre les militants et journalistes ;
  • Respecter les libertés fondamentales, notamment le droit à la liberté d’expression et d’association, conformément aux textes internationaux.

Pour agir, voici les contacts des autorités à saisir :

L’Observatoire invite également à contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans chaque pays pour exiger des réponses.

Conclusion : une mobilisation urgente nécessaire

La disparition d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé illustre la dégradation alarmante de la situation des droits humains au Burkina Faso. Leur libération immédiate et la fin des persécutions contre les défenseurs des droits humains et les journalistes doivent devenir une priorité absolue pour la communauté internationale. Chaque voix compte dans cette lutte pour la justice et la liberté.

Pour soutenir cette cause, il est crucial de partager cet appel et d’exercer une pression constante sur les autorités burkinabè. Ensemble, exigeons la vérité et la fin de l’impunité.

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