Deux ans de l’AES : bilan contrasté entre discours et réalité au Sahel
L’AES célèbre deux ans d’existence sous le signe de l’ambition
Le 6 juillet 2026 marquait le deuxième anniversaire de la Confédération des États du Sahel (AES), une structure regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger. À cette occasion, le président burkinabè en exercice, le capitaine Ibrahim Traoré, a prononcé un discours volontariste, mettant en avant des avancées en matière de coopération politique, diplomatique et militaire. Pour les autorités de l’AES, cette organisation incarne une réponse régionale face aux défis sécuritaires et économiques du Sahel. Pourtant, derrière les annonces, les réalités du terrain peinent à suivre.
Un discours optimiste face à des réalités contrastées
Selon Ibrahim Traoré, l’AES a réalisé des progrès notables, notamment dans la coordination contre le terrorisme et l’intégration économique. Cependant, aucun chiffre précis n’a été communiqué pour étayer ces affirmations. Les populations sahéliennes, elles, subissent encore les conséquences d’une insécurité persistante, d’une inflation galopante et d’un accès limité aux services essentiels.
Les promesses d’une souveraineté renforcée
Le chef de l’État burkinabè a insisté sur la nécessité de bâtir une économie autonome, axée sur l’industrialisation, la transformation des ressources naturelles et la sécurité alimentaire. L’objectif ? Réduire la dépendance extérieure et renforcer la libre circulation des biens et des personnes. Mais ces ambitions se heurtent à des contraintes majeures : des budgets serrés, des infrastructures insuffisantes et un environnement sécuritaire toujours instable.
Les attaques au Mali rappellent les limites de l’AES
Le 4 juillet 2026, des attaques coordonnées ont visé plusieurs positions militaires au Mali, notamment à Gao, Aguelhok, Anéfis, Sévaré et Kéniéroba. Ces événements ont souligné la persistance de la menace terroriste, malgré les efforts conjoints des forces de l’AES. Si les autorités mettent en avant une meilleure coordination, ces attaques montrent que la sécurité reste précaire dans la région.
Une rhétorique face à la réalité du terrain
Ibrahim Traoré a attribué une partie des difficultés de l’AES à une « guerre économique et médiatique », ainsi qu’à des pressions extérieures qualifiées de néocoloniales. Cette vision reflète la position officielle des dirigeants de l’AES, qui ont rompu avec plusieurs partenaires occidentaux. Pourtant, des observateurs soulignent que les défis internes, comme la gouvernance et les contraintes économiques, jouent aussi un rôle clé dans les difficultés rencontrées.
L’AES entre dialogue et tensions avec la CEDEAO
Malgré les tensions passées, l’AES affiche une volonté de dialogue avec la CEDEAO pour redéfinir leurs relations. Cette ouverture contraste avec les frictions des années précédentes, notamment sur la question de la libre circulation. Si l’AES cherche à préserver certains acquis régionaux, son avenir dépendra avant tout de sa capacité à concrétiser ses promesses.
Le vrai test : des résultats concrets pour les citoyens
Deux ans après sa création, l’AES mise sur un discours mobilisateur autour de la souveraineté et de l’intégration. Mais les populations attendent des preuves tangibles : une sécurité durable, une création d’emplois et une amélioration de leur quotidien. À ce stade, les attaques récentes au Mali rappellent que le défi sécuritaire reste entier, et que les déclarations doivent désormais laisser place à des actions concrètes.