Crise en RDC : Kamitatu dénonce les négociations du président avec le M23 au détriment de l’opposition
crise en RDC : Kamitatu dénonce les négociations du président avec le M23 au détriment de l’opposition
Dans un échange sans fard avec le journaliste Stanis Bujakera Tshiamala lors d’un Space live diffusé ce lundi, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, a livré une analyse cinglante de la stratégie politique du président Félix Tshisekedi face aux défis sécuritaires et institutionnels de la République démocratique du Congo (RDC).
Un dialogue national ignoré au profit de négociations controversées
Pour Kamitatu, le paradoxe est flagrant : le chef de l’État privilégierait les discussions avec l’Alliance Fleuve Congo (AFC)/M23 à Doha plutôt que d’ouvrir un dialogue national inclusif avec l’ensemble des forces politiques congolaises. Une approche qu’il juge dangereuse et contre-productive, car elle ne s’attaque pas aux causes profondes des tensions qui déchirent l’est du pays.
« Pourquoi le président Tshisekedi semble-t-il plus à l’aise avec le M23 qu’avec son opposition ? » s’est interrogé le directeur de cabinet, soulignant l’incompréhensibilité de cette stratégie. Selon lui, sans une solution consensuelle impliquant tous les acteurs, aucun accord durable ne pourra être mis en œuvre. « Le génie congolais a déjà prouvé sa capacité à surmonter les divisions par le dialogue et le consensus », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’une initiative 100% congolaise.
Des accords signés… mais jamais respectés
Kamitatu a pointé du doigt l’efficacité limitée des pourparlers en cours à Doha et Montreux, où seulement deux protocoles sur huit ont été finalisés. Pire, même ces rares accords restent lettre morte : le cessez-le-feu n’est pas respecté, et les échanges de prisonniers promis ne voient toujours pas le jour.
Il a également critiqué le manque de suivi des propositions formulées par la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et l’ECC (Église du Christ au Congo), qui avaient pourtant mené une concertation avec toutes les parties prenantes. « Ces initiatives, ignorées par Kinshasa, ont été enterrées sans même être examinées », a-t-il déploré.
Une gouvernance remise en question
Le directeur de cabinet a aussi émis un doute sur la compétence du président à gérer la crise. « Un chef qui n’est pas informé n’est pas innocent, il est inutile », a-t-il lancé, suggérant que Félix Tshisekedi pourrait être mal conseillé ou peu réactif face aux enjeux nationaux.
Pour Kamitatu, la priorité doit être donnée à la libération des prisonniers politiques et à la réconciliation nationale, avant toute autre considération. Il a d’ailleurs rappelé les conditions posées par Moïse Katumbi : d’abord la libération des détenus d’opinion, puis la restitution de son passeport, confisqué lors de son retour en RDC.
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