Absence prolongée du président camerounais : l’udc réclame des mesures urgentes

Absence prolongée du président camerounais : l’udc réclame des mesures urgentes

Le parti politique camerounais alerte sur la prolongation de l’absence du président de la République et exige des clarifications institutionnelles

 

Le président Paul Biya, parti du Cameroun le 7 juin 2026 pour un séjour privé en Europe, n’a toujours pas regagné le Palais de l’Unité après plus de 40 jours d’absence. Le communiqué officiel du Cabinet civil se limite à annoncer son départ de Yaoundé sans préciser ni la destination exacte ni les motifs de ce déplacement. Selon des informations recueillies sur place, le chef de l’État se trouverait en Suisse, mais aucune communication officielle n’a été diffusée depuis son départ. Les médias peinent également à obtenir des détails fiables sur son séjour à l’étranger.

Sur le territoire national, les interrogations se multiplient. La présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Patricia Tomaino Ndam Njoya, a publiquement dénoncé l’opacité entourant cette absence prolongée. Dans une déclaration officielle, elle souligne que la stabilité des institutions camerounaises repose sur la transparence et la continuité de l’action publique, surtout en cette période charnière où le président entame son huitième mandat.

L’UDC met en lumière les lacunes constitutionnelles mises en évidence par cette situation. Pour le parti, l’absence prolongée du chef de l’État révèle l’urgence de nommer un vice-président, une disposition prévue par la loi du 14 avril 2026. Le parti exige ainsi que soient encadrées les absences prolongées par des règles strictes et des délais précis. Il réclame également une information régulière de la nation et du Parlement, ainsi qu’une procédure claire pour constater un éventuel empêchement définitif du président.

L’UDC souligne également la nécessité de publier une délégation expresse de certaines fonctions présidentielles lorsque la continuité de l’État l’exige. Ces mesures visent à éviter tout blocage institutionnel et à garantir le bon fonctionnement des pouvoirs publics en l’absence du président. Le parti appelle les institutions compétentes à éclairer la population sur la continuité effective de l’État pendant cette période d’incertitude.

Cette absence prolongée coïncide avec un contexte politique particulièrement sensible. Depuis sa réélection, le président Paul Biya avait promis la formation d’une nouvelle équipe gouvernementale pour appliquer sa politique au cours de ce septennat. Pourtant, plus de six mois après son investiture, le gouvernement reste inchangé. Par ailleurs, la révision constitutionnelle d’avril 2026 prévoit la nomination d’un vice-président, un poste toujours vacant.

Cette situation a déjà donné lieu à des incidents. Des individus se réclamant de la Brigade Anti Sardinard ont tenté de manifester devant la résidence officielle du chef de l’État à Yaoundé, exigeant son retour immédiat. Par ailleurs, des faux décrets présidentiels ont été introduits à la chaîne de télévision nationale, créant une confusion institutionnelle. À l’approche des élections législatives et municipales, cette absence prolongée agite également les rangs des partis politiques, y compris au sein du RDPC, le parti au pouvoir. Son comité central a convoqué une réunion statutaire pour le 21 juillet 2026, toujours en l’absence de son président.

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