Crise diplomatique : la France quitte le Burkina Faso après la rupture des relations
crise diplomatique : la France quitte le Burkina Faso après la rupture des relations
Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé que tous les diplomates français en poste au Burkina Faso ont quitté le pays début juillet. Cette décision fait suite à la rupture unilatérale des relations diplomatiques décidée par les autorités de Ouagadougou fin juin.
Selon les dernières informations, le personnel diplomatique français a quitté le Burkina Faso « en fin de semaine dernière ». En réponse, les autorités françaises ont convoqué le chargé d’affaires burkinabè à Paris dès le lendemain de l’annonce de la rupture. Elles ont exigé, dans un esprit de réciprocité, que l’ensemble du personnel diplomatique burkinabè quitte le territoire français sous sept jours.
« Il lui a été signifié, dans un esprit de réciprocité, que le personnel diplomatique burkinabè devrait également quitter la France sous sept jours », soit d’ici ce lundi soir, a précisé le Quai d’Orsay.
une décision qualifiée d’hostile par Paris
Les autorités françaises ont vivement réagi face à cette décision, la qualifiant d’« hostile et sans fondement ». Le ministère a souligné que cette rupture illustre « la dérive préoccupante des autorités burkinabè ». « Nous en avons tiré les conséquences », a-t-il ajouté, confirmant ainsi le retrait immédiat de tous ses diplomates.
Le Quai d’Orsay a également démenti avec fermeté les accusations portées par Ouagadougou, notamment celle d’un soutien français aux groupes terroristes. Ces allégations, jugées « complètement fausses », ont été invoquées par les autorités locales pour justifier la rupture des relations.
« Nous condamnons fermement toutes les attaques terroristes, ainsi que les exactions commises à l’encontre des civils au Sahel. Nous réitérons notre plein soutien aux populations, premières victimes de cette crise », a rappelé le ministère.
Il a rappelé que l’engagement de la France dans la lutte contre le terrorisme, à l’échelle mondiale, est un fait connu et que le pays en a « lourdement payé le tribut ».
vigilance renforcée pour les ressortissants français
« Dans ce contexte particulier, nous appelons les ressortissants français à une vigilance renforcée », a insisté le Quai d’Orsay.
Selon les dernières estimations, plus de 2 000 Français sont inscrits au registre consulaire au Burkina Faso. À l’inverse, plus de 6 000 ressortissants burkinabè résident en France.
un tournant souverainiste sous la junte de traoré
Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la junte arrivée au pouvoir par un coup d’État en septembre 2022, mène une politique résolument souverainiste à Ouagadougou. Cette orientation se traduit par une répression accrue envers toute opposition et une hostilité affichée envers les pays occidentaux, en particulier la France.
Dès 2023, la junte avait exigé le rappel de l’ambassadeur français, dénoncé l’accord militaire entre les deux pays et obtenu le départ de l’armée française. Cette dernière était pourtant engagée depuis une décennie dans la lutte contre les groupes jihadistes qui menacent la stabilité du pays.
Depuis ces événements, les relations entre Ouagadougou et Paris n’ont cessé de se dégrader. Le régime burkinabè a multiplié les critiques envers la France et s’est tourné vers de nouveaux partenaires, tels que la Russie, la Turquie et l’Iran.