Corruption au Cameroun : les déclarations controversées de richard bona sur la jeunesse
Corruption au Cameroun : les propos de Richard Bona sur la jeunesse font réagir
Le bassiste et chanteur camerounais Richard Bona, installé à l’étranger, a récemment livré des propos percutants lors d’une interview concernant la corruption dans son pays d’origine. Une prise de position qui a suscité de vives réactions, notamment parmi les jeunes Camerounais.
Une jeunesse camerounaise « corrompue » selon Richard Bona
Richard Bona, figure emblématique de la musique camerounaise installée à l’étranger, a récemment qualifié la jeunesse de son pays de « corrompue ». Une déclaration qui a choqué une partie de la population, mais qui reflète une réalité que beaucoup observent au quotidien.
« La jeunesse au Cameroun est une jeunesse corrompue. Ils ont été élevés de cette manière. Ils ont cette façon de procéder : on attend juste des miettes d’en haut. À part quelques petites exceptions, vraiment rares, c’est une jeunesse corrompue. Et je ne pense même pas que le Cameroun s’en sortira. »
Cette critique a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Certains internautes camerounais ont réagi avec véhémence, dénonçant un discours trop généralisateur.
« Les enfants savent que le policier est en route pas pour leur sécurité, mais pour prendre 500 francs. »
Dans les rues de Yaoundé, les avis sont partagés. Si certains reconnaissent l’existence de comportements condamnables, d’autres soulignent que la majorité des jeunes subissent plutôt qu’ils n’alimentent la corruption.
« Il existe une jeunesse qui subit les raccourcis. Oui, il existe des comportements condamnables. Mais aucun peuple ne se construit en jugeant toute une génération à partir de ses dérives. »
Le Cameroun, un pays sous l’emprise de la corruption
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon le dernier classement de Transparency International, le Cameroun se classe à la 142e position sur 182 pays. Un constat alarmant qui met en lumière l’ampleur du phénomène dans le pays.
La Commission nationale anti-corruption (Conac), rattachée à la présidence, a d’ailleurs reconnu dans son rapport 2024 que « le Cameroun ploie toujours sous le poids de la corruption. Des milliards de francs CFA continuent d’être détournés des caisses de l’État par des individus ».
Un fonctionnaire camerounais, souhaitant garder l’anonymat, a confié que « beaucoup de jeunes ne savent même plus ce qui est anormal. Ils se nourrissent de la corruption ».
Pourtant, selon certains observateurs, la situation n’est pas aussi sombre qu’elle en a l’air. Malgré les critiques, une partie de la jeunesse camerounaise reste engagée et déterminée à faire bouger les choses.
« Il y a une partie de cette jeunesse qui est très battante, qui est combattive, qui essaie de faire les choses correctement, avec dignité, qui fait rêver. »
« Le Cameroun bouge beaucoup grâce aux jeunes. Si tous étaient corrompus, le pays serait à l’arrêt. »
La jeunesse camerounaise, victime ou complice de la corruption ?
Maître Akere Muna, fondateur de Transparency International Cameroun, apporte un éclairage différent sur la situation. Pour lui, les jeunes camerounais sont avant tout « victimes et complices tacites de la corruption ».
« La corruption au Cameroun est systémique. Dire que les jeunes y sont pour quelque chose… mais ils ne gèrent rien. Ils subissent. Il faut qu’ils survivent. Alors, qu’est-ce qu’il se passe ? Ils se prêtent au jeu. »
Selon lui, le problème trouve ses racines dans une culture où « ce n’est pas la compétence qui fait avancer, ce n’est pas le travail qui fait avancer. Il faut connaître quelqu’un, il faut le népotisme, le tribalisme pour pouvoir avancer ».
Maître Akere Muna plaide pour une éducation qui valorise le mérite et rappelle que « si on est fainéant, on ne fait rien, on ira nulle part ».
Face à cette situation, la Conac appelle à une mobilisation générale pour dénoncer la corruption. La structure propose une ligne verte, le 1517, pour signaler tout acte de corruption.
Comment lutter contre la corruption au Cameroun ?
- Sensibiliser les jeunes à l’importance de dénoncer les pratiques corruptrices.
- Promouvoir une culture de la transparence et de l’intégrité dans les institutions publiques et privées.
- Encourager les initiatives citoyennes pour surveiller et signaler les abus.
- Renforcer les sanctions contre les auteurs de corruption pour décourager ces pratiques.
Les Camerounais, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes, ont un rôle clé à jouer pour éradiquer ce fléau et construire un avenir plus juste et équitable.