Conflit politique en RDC : kabuya et mbata s’affrontent avant la marche de la C64

Conflit politique en RDC : kabuya et mbata s’affrontent avant la marche de la C64

Conflit politique en RDC : Augustin Kabuya et André Mbata s’opposent avant la marche de la C64

Les tensions au sein de la majorité présidentielle en République Démocratique du Congo (RDC) atteignent leur paroxysme à quelques jours d’une manifestation programmée par la Coalition article 64 (C64). Deux figures centrales du régime, Augustin Kabuya et André Mbata, s’affrontent publiquement sur la stratégie à adopter face à cet événement politique majeur.

Une marche controversée contre le pouvoir

La Coalition article 64, qui rassemble l’opposition congolaise, a annoncé une marche pour le 22 juillet 2026. Son objectif : exiger la démission du président Félix Tshisekedi, accusé de « trahison de son serment constitutionnel » après avoir dévoilé son projet de révision de la Constitution de 2006, interprété comme une tentative de prolonger son mandat.

Le point de chute de cette manifestation est le Palais de la Nation à Kinshasa, symbole du pouvoir exécutif congolais.

André Mbata appelle à une contre-manifestation

Depuis le Cameroun, où il effectue une mission parlementaire, André Mbata, secrétaire permanent de l’Union sacrée de la nation (USN) et professeur de droit constitutionnel, a lancé un appel solennel aux membres de la plateforme présidentielle. Il les invite à organiser une contre-manifestation dans les 25 provinces de la RDC ainsi qu’à l’étranger pour protester contre ce qu’il qualifie de « coup d’État institutionnel ».

Dans un communiqué percutant, Mbata a déclaré :

« L’USN, qui regroupe plus de 900 partis, regroupements politiques et associations, ne peut être réduite à une seule de ses composantes. Une déclaration politiquement incorrecte, prématurément et maladroitement formulée, n’engage que son auteur. »

Il a également critiqué l’attitude de ceux qui, selon lui, observent un silence complice face à cette initiative de l’opposition, qu’il juge « mal intentionnée et ignorante des principes constitutionnels ».

Kabuya contre-attaque et démobilise

En réponse, Augustin Kabuya, secrétaire général de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) et membre du présidium de l’USN, a immédiatement réagi. Dans un communiqué laconique diffusé mardi 13 juillet, il a appelé les membres de l’UDPS à « vaquer à leurs activités habituelles » le jour de la marche de la C64, qualifiant cette initiative de non pertinente.

Kabuya a précisé :

« Aucune marche n’est prévue à cette date. Il est impératif d’éviter les itinéraires empruntés par l’opposition lors de leur manifestation. »

Cette prise de position a été perçue comme un désaveu direct de l’appel lancé par Mbata, exacerbant les divisions au sein de l’USN, plateforme politique qui soutient officiellement le président Tshisekedi.

Un conflit aux racines profondes

Les tensions entre Kabuya et Mbata ne datent pas d’hier. En 2024, Mbata avait déjà fait preuve d’indépendance en soutenant un candidat opposé au choix d’Augustin Kabuya pour l’élection du gouverneur de la province du Sankuru, remportée par Jules Lodi Emongo. Kabuya avait alors réagi en interdisant aux cadres de l’UDPS de verser leurs cotisations à Mbata, qu’il accusait de diviser le parti.

Ces rivalités internes au sein de l’USN illustrent une organisation de plus en plus fragilisée, minée par des luttes de leadership et des divergences stratégiques. À moins de deux ans des élections de 2028, et alors que Félix Tshisekedi approche de la fin de son deuxième et dernier mandat, ces divisions pourraient affaiblir considérablement la majorité présidentielle face à une opposition en pleine mobilisation.

Une crise politique aux enjeux majeurs

La situation politique en RDC reste particulièrement tendue. La marche de la C64, si elle a lieu, pourrait déclencher une crise institutionnelle sans précédent. Les appels à manifester de part et d’autre risquent d’exacerber les tensions sociales et politiques dans un pays déjà fragilisé par des défis sécuritaires et économiques persistants.

Les observateurs s’interrogent : la majorité présidentielle parviendra-t-elle à présenter un front uni face à cette épreuve, ou ces divisions internes ne feront-elles qu’aggraver les difficultés du régime ?

Manifestation de l’opposition dispersée par la police

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