Ces changements interviennent alors que le président Paul Biya, 93 ans, est absent du Cameroun depuis le 7 juin, officiellement pour un « séjour privé en Europe ». Une absence prolongée qui alimente les spéculations et relance les débats sur la stabilité institutionnelle du pays.
Parmi les nominations, celle du général de division Ebaka Hypolite au poste de major-général des armées retient particulièrement l’attention. À 73 ans, cet officier conserve également sa fonction de major-général de l’armée de terre, un cumul inédit qui renforce son influence au sein de la hiérarchie militaire. Le major-général des armées occupe le deuxième rang dans la chaîne de commandement, juste derrière le chef d’état-major des armées, le général René Claude Meka.
Ces ajustements stratégiques s’inscrivent dans un contexte où l’absence du chef de l’État, doyen des dirigeants africains en fonction depuis 1982, suscite des interrogations croissantes. Le gouvernement camerounais a beau affirmer que l’état de santé du président n’est pas dégradé et qu’un retour prochain est prévu, l’opposition maintient ses critiques. Elle dénonce un « vide institutionnel » et un pays fonctionnant en « pilotage automatique », alors que l’attente d’un nouveau gouvernement et d’un vice-président s’éternise depuis plusieurs mois.
Ces nominations militaires pourraient ainsi être interprétées comme une tentative de renforcer la sécurité du président et de sécuriser les mécanismes de transition, dans un pays où les questions de succession et de stabilité politique restent sensibles.
