Burkina Faso : plus de 100 ong et associations dissoutes, une atteinte aux libertés fondamentales

Burkina Faso : plus de 100 ong et associations dissoutes, une atteinte aux libertés fondamentales

Quelle signification de la dissolution de 118 ONG et associations au Burkina Faso ?

La décision des autorités du Burkina Faso de dissoudre 118 ONG et associations suscite une vague d’inquiétudes quant à la protection des libertés fondamentales dans le pays. Ousmane Diallo, spécialiste du Sahel chez Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et centrale, alerte sur les conséquences de cette mesure :

« Cette décision représente une violation flagrante du droit à la liberté d’association, garanti par la Constitution burkinabè. Elle va à l’encontre des principes intangibles qui fondent notre démocratie. »

Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel, Amnesty International

Selon lui, cette dissolution s’inscrit dans une stratégie de répression systématique visant à étouffer la société civile. Cette approche menace directement les droits humains et l’État de droit, des valeurs essentielles pour tout pays respectueux de ses engagements internationaux.

Pourquoi cette dissolution des ONG et associations inquiète-t-elle les défenseurs des droits humains ?

Plusieurs éléments rendent cette mesure particulièrement préoccupante :

  • Une violation des textes fondamentaux : La Constitution du Burkina Faso, ainsi que des traités internationaux ratifiés par le pays (Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, Pacte international relatif aux droits civils et politiques), protègent explicitement la liberté d’association et syndicale. Cette dissolution les ignore délibérément.
  • Un contexte de restrictions accrues : Cette décision s’ajoute à d’autres mesures restrictives, comme l’interdiction des partis politiques en janvier 2026 ou la création d’une banque d’État contrôlant les comptes des ONG depuis novembre 2025.
  • Un risque de surveillance et de sanctions : Le transfert forcé des fonds des ONG vers une banque publique expose ces structures à des gel de comptes, une surveillance financière accrue, voire des représailles ciblées.

Pour Amnesty International, ces actions reflètent une volonté de réduire au silence les voix critiques et de limiter l’espace civique, en utilisant des moyens aussi variés que l’intimidation, le harcèlement ou les détentions arbitraires.

Quel est le contexte politique derrière cette décision ?

Le Burkina Faso traverse une période de profonde instabilité politique, marquée par deux coups d’État en janvier et septembre 2022. Depuis mai 2024, la junte militaire au pouvoir a prolongé la période de transition de cinq ans, au-delà de la date initialement prévue en juillet 2024.

Cette dissolution de 118 ONG et associations s’inscrit dans un environnement où les libertés individuelles et collectives sont de plus en plus restreintes. Les autorités justifient ces mesures par des « dispositions légales », mais aucune justification détaillée n’a été fournie, alimentant les suspicions d’un durcissement autoritaire.

Les défenseurs des droits humains appellent à un retour immédiat à la normale, insistant sur l’importance de permettre aux organisations de la société civile de travailler sans entrave, conformément aux obligations internationales du pays.

ouagadirect