Au Bénin, le principe ‘soigner d’abord, payer ensuite’ s’applique aux urgences vitales
Le système de santé béninois connaît une transformation significative. Désormais, les patients admis en situation d’urgence vitale ne sont plus tenus de régler les frais avant de recevoir des soins. Les autorités ont officialisé la mise en œuvre de la prise en charge immédiate, avec pour consigne de soigner en priorité et de facturer ultérieurement. Deux établissements de la capitale économique sont en première ligne : le Centre National Hospitalier Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) et l’Hôpital de la Mère et de l’Enfant Lagune (HOMEL).
Une mobilisation des équipes et des stocks
Avant cette réforme, l’accès aux soins d’urgence était souvent subordonné au paiement d’un ticket modérateur ou à l’acquisition de kits médicaux par les proches. Cette pratique appartient au passé.
Dans les faits, les changements sont concrets : les pharmacies d’urgence des deux hôpitaux ont été approvisionnées en médicaments essentiels, consommables et kits de réanimation, disponibles sans validation financière. Le personnel médical et paramédical assure une présence continue pour un tri rapide et une prise en charge dès l’arrivée des patients.
« Notre objectif est de stabiliser le patient dans les minutes qui suivent son admission. Les questions administratives et financières sont traitées une fois le pronostic vital écarté », explique un urgentiste du CNHU.
Un parcours de soins rationalisé
Pour garantir l’efficacité du dispositif, un protocole linéaire a été établi. Dès l’arrivée du patient, un tri immédiat est effectué par un personnel qualifié pour déterminer s’il s’agit d’une urgence vitale absolue. Ensuite, les soins sont administrés sans demande de paiement préalable, l’unique priorité étant de préserver les fonctions vitales. Enfin, une fois le danger passé, la facturation a posteriori intervient. Si nécessaire, une orientation vers le service social est proposée pour trouver une solution adaptée.
Un défi de pérennisation
Cette avancée, saluée comme historique, impose aux hôpitaux une gestion rigoureuse des stocks et un recouvrement des coûts après les soins. Le gouvernement mise sur la responsabilité citoyenne et des mécanismes de subventions pour maintenir ce modèle de gratuité initiale.
En supprimant le paiement immédiat aux urgences, le Bénin réalise un progrès décisif vers la couverture sanitaire universelle, plaçant la dignité humaine et le droit à la vie au cœur de sa politique de santé.