Zémio : des mercenaires russes s’attaquent aux réserves alimentaires du haut-mbomou

Zémio : des mercenaires russes s’attaquent aux réserves alimentaires du haut-mbomou

Zémio sous tension : la stratégie de la terre brûlée s’étend aux greniers agricoles

Les dernières semaines ont vu émerger une tendance alarmante dans la région du Haut-Mbomou. Depuis Zémio, des groupes armés non identifiés – largement associés à des mercenaires russes – intensifient leur campagne de destruction en ciblant désormais les greniers agricoles et les réserves alimentaires locales. Une tactique qui rappelle les méthodes de la terre brûlée, déjà observées dans d’autres zones de conflit en République centrafricaine.

Une région déjà fragilisée par l’insécurité alimentaire

Le Haut-Mbomou, l’une des zones les plus reculées et les moins desservies du pays, dépend presque exclusivement de l’agriculture de subsistance. Les attaques répétées contre les stocks de céréales et les moyens de production plongent les communautés locales dans une situation critique. Les habitants, déjà confrontés à des années de crise, voient leurs espoirs de récolte s’effondrer sous les flammes et les balles.

Les mercenaires russes, acteurs clés de cette nouvelle stratégie ?

Plusieurs témoignages recueillis sur place évoquent la présence de mercenaires étrangers, souvent décrits comme des combattants en treillis similaires à ceux des groupes Wagner. Leur mode opératoire laisse peu de place au doute : destruction systématique des greniers communautaires, vol des outils agricoles, et intimidation des paysans pour les empêcher de cultiver. Ces actions s’inscrivent dans une logique de déstabilisation à long terme, visant à affamer les populations et à les pousser à l’exode.

Les forces locales, bien que présentes, peinent à contrer cette menace. Les FACA (Forces armées centrafricaines), déjà en sous-effectif, doivent gérer une situation où les civils deviennent des cibles prioritaires. Les groupes d’autodéfense tentent de protéger les villages, mais leur capacité reste limitée face à des assaillants mieux armés et organisés.

Conséquences humanitaires et économiques

Les répercussions de ces attaques sont dévastatrices. En quelques semaines, des centaines de tonnes de céréales ont été réduites en cendres, privant des milliers de familles de leur moyen de subsistance. Les marchés locaux, déjà précaires, voient leurs prix flambés, rendant l’accès à la nourriture encore plus difficile pour les plus vulnérables. Les ONG sur place alertent sur un risque accru de famine dans les mois à venir, surtout avec l’arrivée de la saison sèche.

Les autorités locales, impuissantes, appellent à une intervention urgente des partenaires internationaux. Pourtant, les promesses d’aide peinent à se concrétiser, et les livraisons de vivres restent sporadiques. Dans ce contexte, les populations de Zémio et du Haut-Mbomou n’ont d’autre choix que de se préparer à un hiver encore plus difficile que les précédents.

Que faire face à cette crise ?

Plusieurs pistes sont envisagées pour limiter l’impact de cette crise :

  • Renforcement de la sécurité autour des greniers et des zones agricoles pour éviter de nouvelles destructions.
  • Distribution accélérée de semences et d’outils aux paysans pour relancer la production avant la prochaine saison des pluies.
  • Sensibilisation des communautés sur les méthodes de stockage sécurisé et les techniques de culture résistantes.
  • Coopération internationale pour financer des programmes d’urgence et de reconstruction dans la région.

Sans une réaction rapide et coordonnée, le Haut-Mbomou pourrait basculer dans une catastrophe humanitaire aux proportions encore plus graves. Les prochaines semaines seront déterminantes pour éviter une aggravation de la situation.

ouagadirect