Urgence humanitaire au Mali : un million d’enfants face à la malnutrition

Urgence humanitaire au Mali : un million d’enfants face à la malnutrition
Une fillette déplacée joue dans l'espace ami des enfants de l'UNICEF dans le camp de déplacés de BAWA. ©UNICEF/UNI430551/N'Daou

L’instabilité sécuritaire et les difficultés d’acheminement des secours aggravent la détresse des populations civiles au Mali. Les communautés les plus fragiles se retrouvent aujourd’hui dans une impasse dramatique.

Au cœur du Mali, la persistance des affrontements armés, l’augmentation des déplacements de populations et les entraves à l’action humanitaire font peser une menace mortelle sur la jeunesse. D’ici la fin de l’année, près d’un million d’enfants de moins de 5 ans pourraient souffrir de malnutrition aiguë. Les prévisions sont alarmantes : au moins 200 000 d’entre eux risquent de succomber à la faim en l’absence d’une intervention médicale et alimentaire immédiate.

Une famine sans précédent menace certaines régions

Les indicateurs de sécurité alimentaire sont au rouge : environ 25 % de la population malienne subit une précarité nutritionnelle sévère. Pour la première fois, la région de Menaka bascule dans une zone de danger extrême où plus de 2 500 personnes, dont une majorité d’enfants, sont au bord de la famine.

Face à cette situation, les dirigeants de l’UNICEF et du Programme alimentaire mondial (PAM) se sont rendus sur place. L’objectif est clair : renforcer la coordination avec les autorités locales pour éviter un désastre humanitaire de grande ampleur. Comme le souligne la direction de l’UNICEF, les enfants maliens ne doivent pas être les victimes oubliées d’un conflit dont ils ne sont pas responsables.

Des besoins humanitaires en constante augmentation

Au-delà de la nutrition, c’est tout l’écosystème de survie de l’enfant qui est ébranlé. Environ cinq millions de mineurs nécessitent une assistance vitale incluant :

  • L’accès aux soins de santé primaires ;
  • L’approvisionnement en eau potable ;
  • La protection contre les violences ;
  • Le maintien de l’éducation.

Depuis 2020, le nombre d’enfants en détresse a bondi de 1,5 million. Cette dégradation est également alimentée par les dérèglements climatiques qui provoquent des migrations forcées. À la mi-2023, on comptait plus de 377 000 déplacés internes au Mali, dont la moitié sont des mineurs.

Un contexte régional fragile incluant le Burkina Faso et le Niger

Le drame malien s’insère dans une crise plus vaste touchant le Sahel central. L’actualité burkinabè et la situation au Niger montrent des signes de fragilité similaires, où l’insécurité entrave l’éducation. Au Mali, plus de 1 700 établissements scolaires ont dû fermer leurs portes, privant un demi-million d’élèves de leur droit à l’apprentissage.

Le manque de ressources financières reste le principal obstacle à l’action. Actuellement, seulement 21 % des fonds nécessaires à la réponse globale des Nations Unies ont été récoltés. Pour assurer la survie de 8,8 millions de personnes, les agences humanitaires ont besoin de toute urgence de 184,4 millions de dollars. Ce financement est crucial pour acheter des traitements thérapeutiques, maintenir la chaîne du froid pour les vaccins et fournir une aide alimentaire de survie.

La survie des familles dépend désormais de la capacité de la communauté internationale à réagir et à garantir un accès sécurisé aux zones les plus reculées du pays.

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