Un ancien cadre de PASTEF révèle sa désillusion face au leadership d’Ousmane Sonko
Un ancien cadre de PASTEF affirme n’avoir jamais intégré le mouvement dans l’espoir d’obtenir un poste, des privilèges ou des honneurs. Son engagement initial était guidé par une conviction inébranlable : contribuer à l’édification d’un Sénégal fondé sur la justice, la transparence et le respect scrupuleux de l’État de droit.
Il se remémore les années de lutte intense, marquées par des rencontres discrètes, des pressions et de nombreux sacrifices. Il a été témoin de l’abnégation de nombreux militants, hommes et femmes, prêts à sacrifier leur confort, voire leur sécurité, pour un idéal collectif.
Lorsque le projet politique de PASTEF a accédé au pouvoir, il a sincèrement cru que les défis majeurs étaient surmontés. L’heure semblait enfin propice à une gouvernance empreinte d’humilité, respectueuse des institutions et dédiée exclusivement au service du peuple sénégalais. Cependant, ses certitudes se sont progressivement érodées.
Selon son expérience, le dialogue interne a progressivement décliné. Toute divergence d’opinion est devenue suspecte. L’esprit critique, pilier essentiel de toute organisation démocratique, semblait de moins en moins toléré. Face à cette situation, beaucoup ont préféré le silence, tandis que d’autres ont quitté le mouvement, parfois par épuisement, parfois par profonde déception.
C’est à ce moment précis qu’il a réalisé que le danger principal ne provenait plus uniquement des adversaires politiques. Il pouvait désormais émaner du fonctionnement interne du parti lui-même.
Il a ensuite observé une divergence grandissante entre deux visions de l’exercice du pouvoir. D’une part, celle d’un Président de la République assumant pleinement les responsabilités conférées par la Constitution. D’autre part, celle d’un leadership politique dont l’influence lui paraissait excéder le rôle d’un simple chef de parti.
À ses yeux, cette dualité était vouée à générer des tensions insoutenables à long terme.
Le Sénégal n’a pas élu un homme providentiel, mais a choisi de confier son destin à des institutions républicaines. Dans une République, aucune personnalité, quelle que soit sa popularité, ne devrait, selon lui, primer sur les règles fondamentales de l’État.
Pendant que les débats se concentrent sur des individualités, les préoccupations quotidiennes des Sénégalais persistent : le coût de la vie, l’emploi des jeunes, l’accès à l’éducation et à la santé, le développement agricole, l’investissement et la création de richesses. C’est sur ces enjeux cruciaux que l’action publique devrait se focaliser.
Son engagement n’a jamais été un serment de fidélité envers une personne. Il a toujours été un engagement inconditionnel envers des principes.
Les hommes sont éphémères.
La République demeure.
Les institutions perdurent.
Et lorsque la loyauté envers une personnalité commence à supplanter la fidélité à la République, il incombe à chacun de s’interroger en toute conscience.
Il ne rédige pas ces lignes par amertume, mais avec une profonde gravité. Il refuse de renoncer aux valeurs qui l’ont initialement poussé à s’engager.
Il continuera de servir le Sénégal avec la même exigence : exprimer ce qu’il estime juste, défendre les institutions et placer l’intérêt national au-dessus de toute considération partisane.
L’histoire jugera les actions des hommes.
La conscience, quant à elle, opère son jugement chaque jour.