Suspension de l’Ugeb et arrestation de son président au Burkina Faso
suspension de l’Union générale des étudiants et arrestation de son président au Burkina Faso
Le gouvernement militaire du Burkina Faso a pris une mesure radicale à l’encontre de l’Union générale des étudiants du Burkina (Ugeb), principale organisation étudiante du pays. Une suspension de trois mois, renouvelable, a été décidée par le ministère de l’Administration territoriale, fondée sur des accusations d’« apologie du terrorisme ». L’annonce officielle a été faite ce mercredi.
Un contexte de durcissement politique
Cette décision s’inscrit dans une période de renforcement des mesures autoritaires par le régime dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022. Ces dernières semaines, près d’un millier d’associations ont été dissoutes ou suspendues en vertu d’une nouvelle législation encadrant la liberté d’association.
L’arrestation du président de l’Ugeb
Dans la nuit de lundi à mardi, à Ouagadougou, des individus armés en civil ont fait irruption au siège de l’Ugeb. Une dizaine de membres, dont le président Wilfried Bazo, ont été interpellés. Plusieurs étudiants auraient été emmenés vers une destination inconnue. L’organisation dénonce des « violations graves des libertés fondamentales » et exige leur « libération immédiate ».
Des tensions croissantes entre étudiants et pouvoir
Quelques jours avant cette suspension, l’Ugeb avait publié un communiqué accusant le régime de « bafouer les libertés démocratiques, syndicales et politiques » au nom de la lutte antiterroriste. Le mouvement étudiant critiquait également l’incapacité des autorités à rétablir la sécurité face à la montée des violences jihadistes qui frappent une grande partie du territoire.
Une enquête judiciaire ouverte contre l’Ugeb
Le procureur du Faso a annoncé, ce mercredi, l’ouverture d’une enquête visant les « écrits et propos » attribués à l’organisation étudiante. Des observateurs dénoncent une répression accrue contre la liberté d’expression. Des associations de défense des droits humains soulignent que cette mesure ne fera qu’aggraver la crise de gouvernance et sécuritaire que traverse le pays.