Sonko contre le gouvernement sénégalais : la censure comme arme politique

Sonko contre le gouvernement sénégalais : la censure comme arme politique
Politique
Sonko contre le gouvernement sénégalais : la censure comme arme politique
Le leader du Pastef brandit la menace d’une motion de censure pour protéger les ressources naturelles du Sénégal face aux contrats pétroliers controversés.

Dakar — Dans un discours sans concession prononcé ce dimanche à Touba, Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale et figure du Pastef, a lancé un avertissement sans ambiguïté au gouvernement d’Al Aminou Lo. Il menace de renverser l’exécutif par une motion de censure si les intérêts stratégiques du Sénégal ne sont pas préservés dans les contrats pétroliers en cours.

Depuis son limogeage de la Primature en mai dernier, Ousmane Sonko a radicalement inversé son rôle institutionnel. Aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, il s’érige en rempart contre ce qu’il qualifie de « bradage systématique » des ressources naturelles du pays. Son attaque vise particulièrement les récentes nominations à la tête de Petrosen et les renégociations en cours, qu’il accuse de s’écarter des principes de souveraineté économique défendus par le président Bassirou Diomaye Faye.

Dans un wolof enflammé, Ousmane Sonko a dénoncé une « trahison des engagements initiaux », pointant du doigt des partenariats jugés opaques avec des multinationales comme BP et Kosmos. Pour lui, ces accords rappellent les dérives les plus controversées de l’ère Macky Sall, avec des contrats pétroliers et gaziers qui ne profiteraient pas suffisamment au peuple sénégalais.

Il a rappelé son rôle clé dans les avancées réalisées sous son mandat de Premier ministre, notamment la renégociation du bloc Yakaar-Teranga, saluée comme une « victoire majeure » pour le Sénégal. Aujourd’hui, il craint que ces efforts ne soient réduits à néant par une équipe gouvernementale qu’il juge trop complaisante envers les intérêts étrangers.

Une proposition de loi pour encadrer les hydrocarbures

Pour contrer cette tendance, Ousmane Sonko annonce le dépôt imminent d’une proposition de loi révolutionnaire. Ce texte, porté par une députée de son parti, imposerait une validation parlementaire systématique pour toute attribution de bloc pétrolier ou gazier. « Aucun contrat ne sera signé sans l’aval des députés », a-t-il martelé, citant en exemple le modèle norvégien, souvent présenté comme un modèle de transparence dans la gestion des hydrocarbures.

Cette offensive législative s’inscrit dans la continuité de sa lutte pour la transparence dans le secteur des hydrocarbures. Lorsqu’il dirigeait le gouvernement, il avait déjà lancé une enquête sur les « contrats hérités » jugés non conformes au code pétrolier. Une démarche qui lui avait valu des tensions avec certaines multinationales et des soutiens politiques de l’époque.

Avec cette nouvelle stratégie, Ousmane Sonko transforme l’Assemblée nationale en un contre-pouvoir actif, prêt à bloquer toute mesure qu’il estime contraire à l’intérêt national. Son discours de dimanche marque ainsi un tournant dans la politique sénégalaise, où les institutions deviennent les armes d’une bataille économique et politique sans précédent.

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