Sécurité renforcée pour l’acheminement des moutons vers Bamako avant la Tabaski
Une logistique militaire cruciale avant la Tabaski
Avec l’approche de la fête de la Tabaski, la capitale malienne, Bamako, bénéficie désormais d’un approvisionnement régulier en moutons. Les animaux, autrefois rares en raison des tensions sécuritaires, garnissent désormais les marchés et les abords des grands axes routiers. Cette amélioration notable intervient après des semaines de blocus imposé par le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, qui perturbait les circuits d’approvisionnement traditionnels.
La majorité des convois de moutons arrivent à Bamako sous la protection de l’armée malienne. Cependant, malgré ces mesures, plusieurs camions non escortés ont été la cible d’attaques djihadistes, entraînant des pertes matérielles et une hausse des prix sur les marchés locaux.
Une route dangereuse : le trajet Ségou-Bamako
La route nationale 6, reliant Ségou à Bamako sur plus de 200 kilomètres, est devenue un parcours à haut risque. Depuis fin avril, les combattants du Jnim, affilié à Al Qaïda, multiplient les attaques contre les véhicules de transport, qu’ils soient commerciaux ou personnels. Ces actions s’inscrivent dans ce que les djihadistes appellent un « blocus sur Bamako », perturbant gravement la circulation des marchandises.
Des moyens militaires déployés pour contrer le blocus
En prévision de la Tabaski, l’armée malienne intensifie ses opérations pour briser ce blocus. Des frappes aériennes ciblées, des patrouilles régulières et des escortes militaires accompagnent désormais les convois de moutons. Ces mesures visent à sécuriser les axes routiers et à garantir l’arrivée des animaux dans la capitale. Malgré ces efforts, des incidents continuent de se produire, comme en témoigne un éleveur de la région de Ségou :
« À proximité de Zambougou, des djihadistes ont lancé des projectiles sur notre camion transportant des moutons. Paniqué, le chauffeur a dû s’arrêter pour mettre les passagers et les animaux en sécurité. Peu après, le véhicule et son contenu ont été entièrement incendiés par les assaillants. Nous avons alors marché jusqu’à Konobougou, avant de prendre un car protégé par l’armée entre Konobougou et Zantiguila pour rejoindre Bamako. »
Des prix en forte augmentation
Les attaques répétées ont entraîné une flambée des coûts de transport. Alors qu’il fallait débourser 2 000 francs CFA pour acheminer un mouton depuis l’intérieur du pays, les prix atteignent désormais 5 000 à 6 000 francs CFA à Bamako. Cette hausse se répercute directement sur le prix de vente des animaux, qui a fortement augmenté par rapport à l’année précédente.
Vamory, un père de famille, partage son inquiétude :
« L’an dernier, un mouton coûtait 125 000 francs CFA dans le quartier Sans Fil. Cette année, il faut compter entre 175 000 et 250 000 francs CFA. Le blocus sur les routes a clairement contribué à cette hausse des prix. Nous espérons une stabilisation rapide de la situation. »
Une initiative gouvernementale pour soutenir les ménages
Pour atténuer l’impact de cette crise sur les familles, les autorités maliennes organiseront demain une vente promotionnelle de moutons à prix réduits dans plusieurs sites de Bamako. Les terrains de Sogoniko, de l’hippodrome, de Torokorobougou, de Sahaba à Lafiabougou ainsi que l’ancien terrain de l’AS Real à Badialan I serviront de lieux de distribution. Cette mesure vise à rendre la Tabaski plus accessible pour les Maliens dans un contexte économique difficile.