République démocratique du Congo : la commission onusienne expose son plan d’action pour l’est du pays

République démocratique du Congo : la commission onusienne expose son plan d’action pour l’est du pays

République démocratique du Congo : la Commission onusienne expose son plan d’action pour l’est du pays

La Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la situation des droits humains dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a dévoilé, lors de la 62ᵉ session du Conseil des droits de l’homme à Genève, les grandes lignes de sa mission dans l’Est de la République démocratique du Congo. Cette présentation intervient après une première mission menée à Kinshasa, en présence des autorités congolaises, des organisations de la société civile et des représentants diplomatiques.

Un mandat clair : établir les faits et protéger les victimes

Arnauld Akodjenou, président de la Commission, a souligné que l’objectif principal de cette mission était de « rétablir les faits avec indépendance et impartialité ». Il a ajouté que la Commission s’engageait à préserver les preuves, à lutter contre l’impunité et à prévenir de nouvelles violations des droits humains. « Notre mandat n’est dirigé ni contre un État, ni contre une communauté, ni contre une institution. Il vise simplement à établir la vérité », a-t-il déclaré.

Parmi les priorités affichées, la Commission entend :

  • Dialoguer avec les survivants et les témoins des violences ;
  • Rencontrer les responsables gouvernementaux et les acteurs locaux ;
  • Collaborer avec les entités des Nations Unies et les organisations de défense des droits humains ;
  • Protéger les victimes, les témoins et les défenseurs des droits humains.

Une situation humanitaire alarmante dans l’Est

Arnauld Akodjenou a décrit une crise multidimensionnelle affectant les populations civiles du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les témoignages recueillis font état de violences sexuelles liées au conflit, dont l’esclavage sexuel, le recrutement forcé d’enfants, les meurtres illégaux, les arrestations arbitraires, ainsi que des attaques contre des écoles et des centres de santé. Les barrages routiers, les entraves à l’aide humanitaire et les menaces contre les journalistes et les défenseurs des droits humains aggravent encore cette situation.

La menace persistante de l’épidémie d’Ebola et les déplacements massifs de populations rendent la tâche de la Commission encore plus complexe. « Les informations reçues sont d’une extrême gravité et exigent une enquête rigoureuse », a insisté le président de la Commission.

Prochaines étapes : une intervention directe dans les provinces concernées

Bien que la première mission ait eu lieu à Kinshasa, Arnauld Akodjenou a confirmé que la Commission prévoyait de se rendre directement dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dès que les conditions le permettraient. L’objectif est de recueillir des preuves sur place et d’évaluer l’ampleur des violations des droits humains.

La Commission a été créée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies le 7 février 2025, dans le cadre d’une session extraordinaire consacrée à la situation dans l’Est de la RDC. Elle est chargée d’enquêter sur les violations présumées des droits humains et du droit international humanitaire, en mettant particulièrement l’accent sur les crimes commis contre les femmes, les enfants et les personnes déplacées.

Un engagement fort pour la justice et la prévention

En conclusion, Arnauld Akodjenou a réaffirmé que la Commission œuvrait pour la justice et la prévention des violations futures. Il a appelé les autorités congolaises et la communauté internationale à soutenir cette démarche pour mettre fin à l’impunité et rétablir la paix dans la région.

« Les souffrances endurées par les populations civiles dans l’Est de la RDC ne peuvent laisser indifférents. Notre mission est de rétablir la vérité et de contribuer à la reconstruction d’un avenir pacifique. »

Évacuation des morts à la prison centrale de Goma, Munzenze

ouagadirect